Je viens de découvrir avec amusement OpenDislike, un service qui permet tout simplement aux gens de pousser sur Facebook et Twitter les contenus qu’ils n’aiment pas. Le service, plus un proof of concept qu’autre chose a été ouvert en réaction au lancement du bouton Like de Facebook, qui permet de partager avec ses amis ce que l’on aime, et de savoir combien de ses amis a aimé le contenu noté.

En termes d’usages, le bouton Like a plus d’une raison d’inquiéter, que ce soit du point de vue de l’organisation de l’information à l’échelle mondiale (<théorie du complot />) ou de notre manière de percevoir l’information.

Nombreuses sont les marques qui l’ont compris, il est devenu à quelques exceptions près difficile d’exister – au sens de diffuser de l’information – sans se trouver sur Facebook. Marc Zuckerberg a probablement réussi là où AOL, Compuserve et Microsoft ont échoué dans les années 90 en créant un réseau privé global au sein d’Internet. J’enfonce probablement des portes ouvertes pour la majorité de mes lecteurs, mais il me semblait important de rappeler le contexte dans lequel le bouton Like a fait son apparition.

En partageant les ressources que l’on aime avec ses “amis”, on leur donne une existence au sein de Facebook qu’elles n’auraient pas eue dans d’autres conditions. On partage donc aujourd’hui le Web entre ce qui se trouve sur Facebook et ce qui n’y est pas. Le rapport signal / bruit est certes très faible, mais vous comprendrez pourquoi, en plus de l’intégration de Bing, ce phénomène a de quoi inquiéter. Il y aura désormais ce qui existe sur Facebook et ce qui n’y existe pas, le tout contrôlé par le seul Facebook. Et vous râliez parce qu’Apple contrôle tout ce qui rentre sur l’App Store ?

Cela dit, ce possible recentrage du Web occidental sur Facebook n’est pas ce qui m’ennuie le plus avec la mise en place de ce bouton Like.

Avec Like, on est entré dans la société du Bisounours ©®™, dans laquelle n’existe plus que les choses que l’on apprécie, et dans laquelle on supprime tout esprit critique ou d’argumentation, en gros une société de gentils moutons uniquement capables de mettre en avant ce qu’ils aiment parmi des contenus que d’autres ont aimé. Et forcément, avec mon caractère de chien, je n’aime pas du tout ça.

Si l’on y pense, le bouton Like implique trois choses :

  • L’utilisateur ne peut plus parler que de ce qu’il aime.
  • Ce que l’on n’aime pas ou qui dérange n’a plus d’existence.
  • L’argumentation n’est plus nécessaire, puisqu’on ne doit ni peut dire pourquoi on aime quelque chose.

On entre donc dans une ère dans laquelle tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, et dans laquelle toute forme de désaccord doit systématiquement être bannie. Une sorte de meilleur des mondes avant l’heure, où Facebook remplacerait le Soma. Cool non ?

En théorie, une initiative comme Open Dislike devrait pouvoir contrebalancer le bouton Like, sauf que personne n’ira mettre un bouton “Je n’aime pas” sur son site. À part moi : je dis trop souvent que je n’aime pas telle ou telle chose pour ne pas laisser autrui en faire de même avec moi. Mais une fois encore, ceci est une autre histoire.

Mais j’aime
J’aime pas
Quand tu es celle que je veux
Que tu ne sois pas
J’aime
J’aime pas
Quand tu es l’ombre d’une lumière
Qui se noie

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