Facebook lite

Facebook vient de sortir une version allégée de son interface, à mi chemin entre le site actuel et sa version mobile. Cette nouvelle version limite le réseau social à ses principales fonctionnalités tout en le rapprochant de Twitter avec un côté lifestream assumé et une nouvelle tagline : le moyen le plus rapide de communiquer.

Une chose me gêne dans cette annonce : si votre site ou votre application web a besoin d’une interface allégée, c’est que vous vous êtes trompé quelque part.

Je n’ai jamais été particulièrement fan de ces applications qui proposaient des modèles simples / avancés – Spip en tête – comme une manière de cacher une conception mal foutue tournant à l’usine à gaz. Pour reprendre une citation de Tantek Celik à propos du display: none; en CSS, si vous avez besoin de le cacher, c’est que vous n’en avez pas besoin. Je leur préfère la philosophie KISS : Keep It Stupid Simple.

Face à Facebook Lite, me viennent deux réflexions.

La première, c’est que Facebook n’a pas réussi à gérer sa croissance et celle de son écosystème. Le réseau social est devenu une usine à gaz absolument inutilisable, à commencer par ses utilisateurs. Facebook lite serait donc une version allégée destinée à ces derniers, sur laquelle viendront se greffer doucement mais sûrement le reste des fonctionnalités au fur et à mesure de leur refonte et de leur intégration de manière plus intelligente.

La seconde, c’est que Facebook poursuit sa stratégie d’attaque contre Twitter. Après le rachat de Friendfeed au mois d’août, Facebook enverrait donc un signal fort aux utilisateurs de Twitter : nous aussi on fait dans le microblogging. Je pense que ce ne sera toutefois pas suffisant. Les Twitter Like n’ont pas manqué de fleurir, proposant tout ce que Twitter ne propose pas. La majorité d’entre eux ont mis la clé sous la porte faute d’avoir réussi à décoller, preuve que l’abondance de fonctionnalités n’est pas toujours la solution. KISS, à nouveau.

Où que soit la vérité – ailleurs ou avec les missiles Stinger du colonel Trautman – une chose est sûre : quel que soit le bien que l’on puisse en dire, Facebook Lite est le constat d’un échec flagrant. Celui, au choix, d’une conception qui s’est laissée dépasser par son succès, ou d’une erreur de positionnement à force d’avoir les yeux plus gros que le ventre.

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