La visioconférence est un vieux truc de science fiction, déjà présent dans les images d’Epinal de la fin du dix-neuvième siècle. Le fait de pouvoir discuter face à face en s’affranchissant des distances est un vieux rêve qui a pourtant beaucoup de mal à se devenir réalité malgré la disponibilité des outils pour le faire, et une barrière très faible à l’entrée.

La visio conférence au 19eme siècle

Pourtant, malgré le côté ubiquité sympa à première vue, nous n’aimons pas la visioconférence. Les essais de France Télécom à la fin des années 90 avec son visiophone, puis des opérateurs mobiles à l’orée 2005 se sont soldés par des échecs retentissants. Nous n’aimons pas la vidéoconférence car elle dévoile de nous ce que nous voudrions cacher. Elle montre que nous ne sommes pas coiffés, pas maquillés, ce que nous pensons réellement de notre interlocuteur, ou l’endroit dans lequel nous nous trouvons, si nous mangeons, avons les doigts dans le nez ou portons un masque des Lapins Crétins, et les gens autour de nous. Elle affiche nos humeurs, nos sentiments, et, accessoirement, le bordel ambiant.

Évidemment, les temps et les usages ont changé. Nous avons pris l’habitude de crier au monde où et avec qui nous sommes, ce que nous faisons, ce que nous pensons et ce que nous ressentons. Twitter et Facebook ont changé, au moins en partie notre rapport à l’intimité, Foursquare et Gowalla notre rapport à l’espace. Mais est-ce suffisant pour franchir le pas de la vidéoconférence, encore plus sur un appareil mobile ?

Steve Jobs semble penser le contraire en incluant de la vidéoconférence sur le prochain iPhone, et c’est un peu surprenant de la part d’Apple qui, depuis des années, a toujours su respecter la ligne entre innovation – ce que les utilisateurs sont prêts à voir arriver – et révolution, non pas technologique, mais dans la manière qu’ils ont d’utiliser la technologie, et je reste dubitatif sur son adoption en tant que telle.

Dans Transcendant, Stephen Baxter fait de la vidéoconférence d’un système solaire à l’autre quelque-chose d’éminemment culturel. Nos interlocuteurs nous apparaissent non pas comme ils sont de leur côté, mais comme ils seraient s’ils étaient présents du côté de leur interlocuteur : habillés à la mode locale, et en 3 dimensions, totalement intégrés à leur environnement. Peut-être une solution pour allier vidéoconférence et respect de notre intimité ?

Je m’étais promis de ne pas parler de la sortie de l’iPhone 4, mais l’inclusion de Facetime soulève tout de même pas mal de questions. Je pense que je ne l’utiliserai pas. Et vous ?

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