La technique Pomodoro, de l'italien tomate

Il y a six moi, j’ajoutais la méthode Pomodoro à ma couche productivité. Les méthodes dérivées de GTD offrent de nombreuses possibilités pour éviter la procrastination, mais elles ne proposent rien pour limiter les effets des interruptions dues à soi-même ou aux autres.

Dérivée des méthodes agiles Pomodoro fait partie des méthodes de planification. Créée par Francesco Cirillo, elle utilise un minuteur, comme celui que l’on trouve dans toutes les bonnes cuisines, qui permet de découper le travail non plus en items mais en tranches de 25 minutes, les pomodori.

Proches de l’esprit itératif de méthodes comme Scrum, Pomodoro comprends 5 étapes :

  1. Écrire la tâche à effectuer.
  2. Régler le minuteur sur 25 minutes.
  3. Travailler sur la tache jusqu’à la sonnerie du minuteur, puis la marquer comme faite.
  4. Prendre 5 minutes de pause (j’en profite pour lire mes mails / IRC / Twitter).
  5. Toutes les 4 itérations, prendre une pause un peu plus longue (une vingtaine de minutes).

Malgré son apparente simplicité, intégrer la méthode Pomodoro dans ses habitudes de travail ne va pas de soi.

Avoir pris l’habitude de découper son travail en taches unitaires n’est pas forcément une bonne chose quand on se lance dans Pomodoro. Le découpage des tâches doit peu ou prou s’adapter à la durée d’un Pomodori. Réellement évaluer son temps de travail devient donc critique, tout comme l’intégration des autres dans sa journée.

J’avais pris l’habitude de planifier le matin ce que je souhaitais faire dans la journée, en y intégrant à la louche les temps d’interruption dus aux autres. Quand j’ai commencé Pomodoro, je me suis rapidement retrouvé avec une liste de taches non faites qui grandissait de jour en jour. Au lieu d’interrompre une tache pour travailler avec les autres, il faut leur consacrer des pomodoro qui viennent décaler son temps de travail. C’est très agaçant au début, mais cela devient rapidement une source d’apaisement, à mesure que les interruptions deviennent des taches planifiées.

Tout comme la planification, le suivi des taches intégrées dans Pomodoro nécessite beaucoup de rigueur. Il est important d’écrire chaque tache avant de l’effectuer. Le sentiment d’accomplissement à la fin de la journée n’en est que plus grand.

Côté outillage, je suis allé au plus simple.

Après avoir testé à peu près tous les gestionnaires de taches disponibles sous Mac OS X, je suis revenu à Tasks bundle pour Textmate, qui existe également sous SublimeText2, et probablement sous vi.

Pour le minuteur, j’ai installé Pomodoro, d’Ugo Landini, qui n’est malheureusement plus disponible sur l’App Store français. Il a le gros avantage d’être scriptable, ce qui me permet d’automatiquement tuer Growl et Tweetbot en début de Pomodori.

tell application "Tweetbot" to quit
tell application "System Events"
    set isRunning_Growl to (count of (every process whose name is "GrowlHelperApp")) > 0
end tell

if isRunning_Google then
    tell application "GrowlHelperApp"
        set the allNotificationsList to {"Growl Toggler"}
        register as application "Growl Toggler" all notifications allNotificationsList default notifications allNotificationsList
        notify with name "Growl Toggler" title "Notifications OFF" description "" application name "Growl Toggler" icon of application "Automator"
    end tell
    delay (2)
    tell application "GrowlHelperApp" to quit
end if

Pour les relancer en fin de Pomodori :

tell application "Tweetbot" to launch
tell application "GrowlHelperApp" to launch
    tell application "GrowlHelperApp"
        set the allNotificationsList to {"Growl Toggler"}
        register as application "Growl Toggler" all notifications allNotificationsList default notifications allNotificationsList
        notify with name "Growl Toggler" title "Notifications ON" description "" application name "Growl Toggler" icon of application "Automator"
end tell

J’ai choisi de ne pas tuer Mail, puisque j’affecte deux Pomodoro par jour à la réponse de mon courrier. J’ai en revanche désactivé le décompte des mails dans le dock et la liste du alt + tab.

Mon premier ressenti après quelques jours d’application de Pomodoro : c’est incroyablement frustrant ! J’ai en effet souvent des tranches d’hyper productivité de deux ou trois heures durant lesquelles j’accomplis un certain nombre de taches faisant partie d’un item plus important. Me forcer à m’arrêter au milieu d’un run, après avoir fait uniquement ce que j’avais prévu de faire est extrêmement agaçant, et a failli me faire tout arrêter. C’est en réalité un bon moyen de ne pas avoir une grosse chute de productivité le reste de la journée.

Corollaire non négligeable, j’avais pris l’habitude de me plonger dans mon travail pour en lever la tête au bout de plusieurs heures, ce qui impliquait de fréquents départs du bureau après 20 heures. En me forçant à lever la tête toutes les 25 minutes, Pomodoro m’a permis d’équilibrer un peu plus le temps passé entre travail et vie de famille, quitte à refaire un ou deux pomodoro après le dîner pendant que ma femme prépare sa journée du lendemain.

Le tic tac du minuteur devient très rapidement une drogue, et il est important de le conserver pour se rappeler en permanence que l’on est dans un pomodori. Il vient s’installer par dessus ma musique, et si c’est déroutant au début, on finit par s’y faire. À noter qu’il s’intègre parfaitement avec les musiques immersives d’OMM Writer.

Globalement, je n’ai pas l’impression de faire plus de choses durant ma journée, mais fixer du temps pour chacune d’entre-elles me permet de les faire mieux, car je ne suis plus dans une dynamique de course à la tache accomplie. Je perds en revanche beaucoup moins de temps. Intégrer les interruptions dans mon cycle de travail me permet également d’être moins agacé, et tout le monde en profite.

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