Le logo de FriendfeedDans la catégorie des trucs hyper addictifs qui ne servent à rien, j’ai demandé le lifelog, à propos du plus connu d’entre lesquels je m’étais déjà exprimé l’année dernière. Présenté par ses fanatiques comme la révolution du lien social online, voire comme celle de la collaboration professionnelle, Twitter, puisqu’il s’agit de lui, n’a jamais réussi à me convaincre ni de la nouveauté de la chose, ni de son utilité. 2414 tweets plus tard, je ne le considère pas plus qu’une mauvaise en alternative à tout un ensemble de services que j’utilisais déjà, et dont il reproduit bien imparfaitement les avantages, et précisément les erreurs, j’aurai bientôt l’occasion de m’exprimer sur le sujet.

Un an après, le dernier gadget à la mode semble être Friendfeed, la nouvelle coqueluche de la blogosphère si j’en crois le bruit assourdissant que l’on peut entendre autour du sujet. Feiendfeed est un peu un Twitter étendu. Au lieu de simplement publier des messages, on va agréger en un seul et unique point une bonne partie de ses moyens d’expression online, parmi 28 services, puis s’abonner à ceux de ses amis afin de pouvoir les suivre au plus près. En attendant l’implantation d’une puce crânienne qui permettra de les tracer au millimètre près quelle que soit leur activité. Un bonheur.

Je passerai sur le fait que ce nouveau service fait finalement double emploi avec pas mal de choses : à force d’agréger de l’agrégation, on en finit par oublier le contenu, qui reste finalement le principal. Suivant déjà mes contacts via l’ensemble des services proposés, il m’est difficile de comprendre l’intérêt d’une énième centralisation tant celle-ci apporte peu sur le fond. Je vous propose donc plutôt de nous pencher sur le produit lui-même afin de voir ce qu’il peut apporter en termes d’usages ou d’ergonomie, puisqu’il n’y a guère que là qu’il lui reste une quelconque chance d’innover.

L’inscription

Friendfeed propose une inscription guidée en 3 points, avec le désormais classique marqueur d’étape. L’inscription en elle-même est un modèle de clarté et de simplicité. Les fondateurs de Friendfeed sont des anciens de Google, et ça se voit vu le peu d’informations requises :

  • Votre email.
  • Votre nom.
  • Votre pseudonyme.
  • Un mot de passe.

Et c’est tout. Ni captcha, ni question secrète dont vous ne vous souvenez jamais…

Le formulaire d'inscription de friendfeed

Une fois validé le compte, les choses se gâtent un tout petit peu. Personne ne vous prévient que vous allez recevoir un email vous permettant de valider votre compte, pourtant, celui-ci arrive bien… et se fait bloquer par mon antispam.

Seconde étape, l’import de mes amis, soit depuis votre compte Facebook, soit depuis votre compte mail. Le bouton “skip this step” est bien présent, mais on s’attendrait plutôt à le trouver à droite de la page, plutôt que caché en bas à gauche. Cependant cela entraînerait deux autres problèmes :

  • D’un point de vue purement commercial, il n’est pas dans l’intérêt de Friendfeed de mettre ce bouton en valeur. En effet, l’importation des contacts permet l’inscription de nouveaux utilisateurs sur Friendfeed.
  • D’un point de vue ergonomique, ce bouton est le seul présent à l’écran. Le mettre en bas à droite du formulaire le fera donc passer pour un bouton de validation, sur lequel il sera facile de cliquer sans lire.

Menu d'importation de mes amis

Une solution serait de remplacer ce bouton par un lien. En effet, le lien n’a pas fonction de validation d’un formulaire, et les risques d’erreur seraient moins grands. Il serait également moins visible sur la page, allant en cela dans le sens des gens de Friendfeed.

L’importation de vos contacts depuis un compte mail est un modèle du genre. Il offre un choix entre les 4 principaux fournisseurs d’e-mail gratuit :

  • Gmail.
  • Yahoo.
  • Hotmail.
  • AOL.

Menu d'importation de mes amis, compte mail

Pas besoin de préciser la source d’importation, celle-ci est devinée à partir de l’adresse email fournie, et le champ est rempli par défaut avec l’adresse d’inscription. Il est juste dommage qu’un filtrage ne soit pas fait sur cette dernière pour vérifier qu’elle rentre bien dans la bonne catégorie. Dans mon cas, j’ai en effet du effacer le contenu de ce champs pour le remplacer par mon adresse Gmail, mais ce n’est pas bien grave.

Choix de mes amis

Le choix de mes amis est là aussi très bien réalisé. Les boutons sélectionner / déselectionner tout sont bien présents, ainsi que le bouton “skip”. On est ensuite envoyés sur la page d’invitations qui va vous permettre de faire venir vos amis sur le service. Et là, ça commence à se gâter un peu, puisque l’utilisateur doit commencer à réfléchir, puisque le formulaire est à la fois très proche du précédent sur le principe et le fonctionnement, tout en en différant beaucoup côté ergonomie.

Invitation de mes amis

Cette fois, pas de bouton sélectionner tout (ce qui n’est pas plus mal, puisque cela permet d’éviter de spammer plusieurs centaines de personnes d’un coup), pas plus que de bouton “skip this step”. Il est cependant possible – Dieu merci – d’inviter 0 contacts, mais ce n’est pas forcément évident. L’absence de fil d’ariane secondaire fait que l’on semble bloqué à l’étape 2. Cette dernière, contrairement à l’étape 1, comprend plusieurs étapes, sans qu’il soit cependant possible de savoir où on en est vraiment. Dommage.

Retour au menu

Une fois validée l’invitation de mes nouveaux contacts, retour au menu précédent pour l’ajout de mes contacts Facebook. Le choix de l’importation de mes contacts depuis un compte mail est cette fois grisé, bien qu’il me soit possible d’importer un autre compte mail. J’aime beaucoup cette disposition qui incite à aller côté Facebook, sans pour autant fermer la porte à l’autre solution. Il est temps maintenant de passer à la fin de cette seconde étape, qui en compte en fait 4, et la première vraiment sociale.

Les amis de mes amis sont mse amis

Les amis de mes amis sont mes amis était le leitmotiv des tout premiers réseaux sociaux, et on retrouve ce côté dans la page de suggestions, mélange d’Orkut et de “ils ont également acheté” d’Amazon.

J’aime particulièrement cette fonctionnalité qui me permet d’accéder aux différents flux présentés par les utilisateurs suggérés et ainsi de découvrir de nouvelles sources d’informations. Cela dit, elle pourrait grandement être améliorée, car elle est à la limite de l’utilisable : les sources d’informations font quitter le site à l’utilisateur en ne s’ouvrant pas dans une nouvelle fenêtre et l’empêchent de terminer le processus. Une preview en lightbox, comme pour l’import des emails serait la bienvenue, d’autant qu’il s’agit de contenus agrégés. Inutile dans ce cas de sortir de Friendfeed. En revanche, l’ajout d’un ami suggéré en rajoute automatiquement un nouveau dans la liste de 9 affichés à l’écran.

Enfin, on peut commencer à utiliser le service.

Utiliser Friendfeed

La navigation par onglets de Friendfeed est on ne peut plus classique, mais bien agencée entre

  • Mes amis, en fait le lifelog.
  • Moi.
  • Tout le monde.
  • Plus un onglet “friends settings” excentré à droite. Ce dernier contient des éléments assez intéressants sur lesquels je reviendra plus bas.

Mon lifelog

Le lifelog

La page principale est spartiate au possible. Les éléments sont présentés dans l’ordre antéchronologique, et la date de publication est tout sauf mise en valeur, à la mode “machin a publié ça il y a x minutes”, pratique pour éviter d’avoir à choisir un fuseau horaire. La nature de ces derniers est signalée par une simple icône, représentative du service agrégé. Outre la date de publication, il manque une bordure entre les éléments, et peut être également une couleur de fond alternative pour la lisibilité. Bien que j’aime son côté simple et spartiate, le modèle Google ne va malheureusement pas à tout.

Partager un élément

la principale fonctionnalité accessible depuis le lifelog est celle de partage d’un élément. Un camp lien, un champ description, et je permets à tous mes followers de me suivre. C’est très bien, sauf que… ça ne sert en fait strictement à rien.

Mon lifelog

Friendfeed est un service pour fanatiques du réseau social. Le nombre de manières de partager un contenu sans passer par Friendfeed est plus que conséquent, ces services touchent beaucoup plus de monde et sont tous importables sur Friendfeed. Si je veux montrer une photo, je la mets sur Flickr ; si je veux conserver un lien intéressant, je le mets sur Delicious, et si je veux dire quelque chose à mes followers, je le blog ou le fais sur Twitter. Mais en aucun cas je ne vais le limiter à Friendfeed.

Importer ses flux

Les services

Friendfeed permet l’ajout de pas moins de 28 services différents, présentés par thèmes. En vis à vis, l’application affiche l’ensemble des services auxquels je suis déjà abonné avec l’identifiant de mes comptes. Pratique et bien pensé. Le mode d’inscription est un peu déroutant comparé à l’import des contacts mail à l’inscription. Ces derniers s’ouvraient en effet dans une lightbox, tandis que l’import d’un service ferme la boite de sélection et la remplace par la boite d’inscription, avec un redesign de la page un peu perturbant. Au passage, l’inscription à Flickr à partir du login ne semble pas fonctionner, et il faut impérativement mettre son adresse email.

Inscription à Flickr

Ma page perso

Contrairement au lifelog qui mélange mes contributions à celle de mes contacts, ma page personnelle n’affiche que mes productions, une liste de mes amis et de mes services.

Ma page personnelle

Une fois encore, c’est spartiate au possible, et mes critiques sont exactement les mêmes que pour le lifelog.

My friends settings

Passage obligatoire, cette page propose les fonctionnalités véritablement sociales de l’application :

  • Recherche et ajout d’amis.
  • Statistiques.
  • Mes amis imaginaires.
Les statistiques

Les statistiques sont on ne peut plus basiques et présentent mon utilisation des différents sites face à celle de mes amis. Je n’en vois pas tellement l’utilité : ces statistiques sont indigentes au possible, non quantifiées, et totalement inexploitables. C’est un peu dommage puisque c’est quand même leur but premier.

Mes parents disent que c’est juste un ami imaginaire comme Gustave, ce petit farfadet à qui j’aime confier mes échecs amoureux

Je garde cette fonctionnalité pour la fin tant elle m’a fait rire. Je ne sais pas si elle découle de la véritable situation sociale et affective de la majorité des utilisateurs des réseaux sociaux ou si c’est simplement un trait de cynisme des fondateurs de Friendfeed, mais en tout cas c’est génial. Friendfeed vous propose en effet de créer un ami imaginaire, par exemple pour ajouter quelqu’un que vous connaissez vraiment au site. Je me demande d’ailleurs si ça ne relève pas de l’usurpation d’identité.

Choix du nom de mon ami imaginaire

Je commence par lui choisir un nom. Par exemple Toto, ou Alphonse Brown.

Création de mon ami

Et voilà, c’est fait. Un onglet supplémentaire consacré à mon nouvel ami apparaît dans ma navigation, et je peux maintenant lui attribuer des services.

Lifelog d'Alphonse Brown

Et là, miracle ! Alphonse Brown apparaît au milieu de mon lifelog sans qu’il soit mentionné nulle part qu’il s’agit d’un ami imaginaires. Mes amis peuvent désormais en suivre les pérégrinations virtuelles.

Conclusion

Le temps qui m’est imparti touchant à sa femme, il est temps pour moi de terminer par la conclusion.

Honnêtement, Friendfeed ne sert pas à grand chose, à part à générer un flux RSS permettant de suivre l’intégralité de ma vie sociale sur le web, et c’est finalement déjà pas mal, mais pas suffisant pour en faire un grand service. Les fonctions sociales ne vont pas bien loin, et puisque les flux sont publiques, j’ai tout intérêt à ne pas me disperser en les ajoutant à mon agrégateur favori. L’ergonomie est parfois très bonne, parfois catastrophique, et manque d’unité. C’est vraiment dommage car quelque efforts de cohérence pourraient en faire un excellent produit. Mais non, les finitions ne sont pas là.

Plus inquiétant, la possibilité de se créer des amis imaginaires va à l’encontre de l’utilisation “normale” des réseaux sociaux dans lesquels la confiance représente un point capital, bien que je ne me fasse pas trop d’idées à ce sujet pour le grand public. Je ne sais pas si cette fonctionnalité va perdurer, mais si c’est le cas, elle pourrait bien remettre en question la notion même de “tiers de confiance”.

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