Éric Dupin a donc gagné en appel dans le procès qui opposait Fuzz, son Digg like à l’acteur Olivier Martinez. Je suis très satisfait de la manière dont cette affaire s’est déroulée, et ceci pour deux raisons.

N’allez surtout pas croire que j’en ai quoi que ce soit à foutre de Fuzz, je m’en tamponne au contraire le coquillart avec un tibia de langouste, comme avait coutume de dire feu mon père. La valeur de l’information qu’on y trouve est à peu près nulle. Les utilisateurs relaient tous les mêmes dépêches ad nauseam dans un français souvent douteux, à croire qu’il ne se passe pas grand chose sur terre. L’ayant utilisé quelques fois à l’époque où je cherchais des concentrés d’informations relativement intéressants, j’y ai trouvé le rapport signal / bruit plus faible qu’une louve qui aurait mis bas 12 petits. Je me suis depuis rabattu sur les flux Diigo de 2 ou 3 personnes dont l’exigence en matière de qualité de l’information ne fait aucun doute. Il faut bien que je profite moi de la mode de l’UGC n’est-ce pas ?
Là où la non défaite de Fuzz me rassure, avec simple une application de la si décriée Loi de Confiance dans l’Économie Numérique – laquelle donne pourtant un sérieux coup de pouce à Éric – si j’en crois ce que j’ai lu ici et là, c’est que cette affaire était sur le point de créer un fâcheux précédent dans un web français qui n’a déjà pas vraiment de raisons de faire le fier. Il n’est pas dit que d’autres affaires du genre n’éclatent pas, avec des résultats tout à fait différents, mais, depuis l’affaire Estelle Halliday contre Altern.org, je soupire de soulagement chaque fois qu’un tel cas veut bien se produire. Voilà pour la première raison.

La seconde raison de ma satisfaction tient au déroulement en deux temps de cette affaire, et plus particulièrement à sa première partie. Ceux qui s’intéressaient de près ou de loin à cette affaire se souviendront très probablement de sa conclusion, la défaite d’Éric Dupin malgré la très forte mobilisation de la blogosphère. Cette défaite de la vox populi à qui l’on a fait miroiter qu’elle était un énième pouvoir – n tendant à mon humble avis plus vers 0 que vers l’infini – lui peut être fait retrouver, pour un instant, le sens des réalités. Sa soi disant influence ne tient finalement qu’à sa capacité à relayer sans cesses la même information, au grand bonheur d’équipes marketing qui n’y voient qu’un excellent moyen de relayer un produit ou un slogan à fort peu de frais, et c’est la raison qui me pousse à vous resservir la si cynique Annabelle, 26 ans, blogueuse influente.

J’aurais aimé que la si bien nommée blogosphère se réveille et comprenne qu’elle n’a finalement que l’influence qu’on veut bien lui accorder, et qu’elle se rappelle surtout que, quelle que soit la taille de la sphère, on finit toujours par y tourner en rond. Au point d’ailleurs que les blogueurs belges n’en aient toujours pas trouvé le coin dans lequel on leur a promis qu’ils trouveraient un plat de frites.

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