L’annonce par Google de son nouveau navigateur a fait l’effet d’une bombe et soulevé pas mal d’interrogations légitimes, et extrêmement variées.

Il y a tout d’abord les questions légitimes des développeurs web, qui voient d’un oeil pas toujours favorable l’arrivée d’un nouveau navigateur – surtout porté par une machine de guerre comme Google – avec son cortège d’incompatibilités latentes. Kapil Bhatia les exprime assez justement dans sa lettre ouverte d’un développeur web à Google Chrome.

  1. Possibilité de migration depuis Firefox / IE ?
  2. Quid de Firefox, juste après le renouvellement des accords entre Google et la fondation Mozilla ?
  3. Quid de la compatibilité avec le Javascript existant ?
  4. Les plugins Firefox existants seront-ils disponibles sur Chrome ?
  5. Quid de la compatibilité des sites et applications existantes ou futures avec Chrome ?
  6. Quid du rendu des CSS ?
  7. Quid des plugins Java, Silverlight, Flash, et autres interfaces riches ?
  8. Quid de l’intégration des concurrents de Google, notamment Yahoo ou Windows Live par défaut ?
  9. Quid de l’apprentissage de Gears ? Quoi que… je veux bien franchir le pas si en échange on supprime tout les IE6 de la planète.

L’utilisateur d’un moteur de rendu connu pour son respect des standards du web et son utilisation sur de très nombreuses plates-formes devraient éviter les problèmes de compatibilité CSS. Quant à la machine Javascript, leur fameux “V8” réécrit de zéro, seule l’utilisation permettra de dire ce qu’il en est.

La compatibilité avec les extensions Firefox est plus qu’improbable : moteur de rendu différent, absence du Chrome dans Chrome… les raisons sont nombreuses. Si Google avait souhaité faire un Flock like, ils seraient partis de Gecko, pas de Webkit.

Les plugins RIA… bonne question, à laquelle je ne saurai pas répondre ne connaissant pas le fonctionnement intrinsèque de Webkit, mais j’aurais tendance à dire que si ça fonctionne sur Safari Windows, ça devrait fonctionner sous Chrome… mais rien n’est moins sûr.

Il y a ensuite les adeptes de la théorie du complot, qui voient Big Browser partout. J’en ai fait partie quelques minutes lorsque je me suis posé la question du “pourquoi”. Pourquoi Google annonce-t-il la sortie de son navigateur basé sur Webkit quelques jours après avoir renouvelé ses accords trisannuels avec la fondation Mozilla ?

Pour attaquer Microsoft sur le terrain des navigateurs, en proposant une alternative à Internet Explorer 8 légère et faite pour le web d’aujourd’hui. Contrairement à Christophe Lauer, je ne pense pas que tous les déçus d’Internet Explorer soient déjà passés sous Firefox. je me trompe peut-être, mais il est probable que plus d’une DSI excédée par les plaintes de ses utilisateurs finisse par choisir un Chrome plutôt qu’un Firefox, support de Google oblige.

Pour attaquer Microsoft sur le terrain des applications bureautiques, en proposant un navigateur aux performances Javascript annoncées exceptionnelles, idéal pour utiliser leur suite bureautique en ligne, et exporter un peu plus l’avenir de l’informatique grand public hors du Desktop.

Et peut-être à termes, une fois suffisamment de parts de marché gagnées, couper les fonds à la fondation Mozilla et se retourner vers celle qui lui aura aidé à vaincre son ennemi (scénario écrit par Chris Carter pour la partie complot et paranoïa).

Aujourd’hui, je suis d’accord avec Tristan Nitot lorsqu’il dit qu’un navigateur de plus – et un navigateur respectueux des standards qui plus est – est une chance pour le web. Le fait que Chrome soit open source est une bonne réponse à la question “mais que deviennent nos données”. Quant à l’expérience de navigation, j’avoue être impatient de tester la bête.

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