Les lifestream ont généralement trois gros problèmes. Le premier est une tendance assumée à l’infobésité faute d’un quelconque aspect qualitatif. Le second est une inutilité patente car il fait de l’information le but et le moyen. Le troisième est la conséquence des deux premiers : ils s’adressent à une population que l’on qualifie souvent à tort de geek, câblée pour recevoir et manipuler une très grande quantité d’information brute.

Hojoki, encore en alpha privée, a décidé d’en régler deux sur trois en rassemblant et connectant l’ensemble de vos applications en ligne. Dans le cloud, ils disent, pour caler un buzzword à la mode dans leur elevator pitch. Le service supporte pour l’instant un nombre limité d’applications, mais annonce déjà Beanstalk, Cloudapp, Delicious, Dropbox, Evernote, Github, Google Calendar, Google Docs…

Mais c’est juste un gros mashup ton truc ?
– Un peu oui, mais tu vas voir, ça poutre.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous donner mon ressenti avant de vous parler du service en lui-même : on dirait furieusement un blueKiwi, mais à l’envers. Si je vous en parle, c’est que je travaille pour blueKiwi Software depuis près de quatre ans, et qu’à ce titre, Hojoki ne pouvait manquer de m’interpeller.

Les réseaux sociaux d’entreprise fonctionnent tous plus ou moins sur le même mode : les utilisateurs sont intégrés à des groupes de travail dans lesquels ils publient des documents, accessibles par les personnes de leur réseau, quelle qu’en soit l’acception locale.

Hojoki fait exactement le contraire. Hojoki crée un lifestream à partir de ce que vous et vos contacts directs publiez sur divers services en ligne. Il ne s’agit donc pas d’un énième agrégateur, ce qui limite largement l’infobésité.

Home de Hojoki

La page d’accueil est relativement classique pour ce genre d’application, on ne se sent pas trop perdu en prenant le produit en main une fois enregistré vos premiers services.

  1. Votre page principale est organisée autour de votre live stream, avec une fonctionnalité de micro blogging on ne peut plus standard. Les liens sont interprêtés comme tels, mais ni enrichis, ni classés comme bookmark, ce qui est bien dommage.
  2. La zone à gauche de l’écran liste vos différents streams, appelés ici projets, j’y reviendrai un peu plus loin.
  3. Un filtrage vous permet de ne sélectionner qu’un seul type de contenus pour un accès rapide.
  4. Un historique des documents consultés permet également un accès rapide.
  5. Enfin, le haut de la page vous permet d’accéder aux services importés et d’en ajouter d’autres.

Même si suivre ce que vous publiez sur vos services en ligne préférés est utile pour vous y retrouver, Hojoki prend tout son sens quand vous l’utilisez à plusieurs. Vous pouvez à cet effet créer des groupes de travail – les projets – dans lesquels vous pourrez inviter des contacts (j’ignore pour l’instant comment ils sont générés), et importer des éléments de votre lifestream. Dans la capture d’écran ci-dessus, on voit les documents que j’ai partagés avec Stephanie Booth dans le cadre du programme Official Bloggers de LeWeb’11, ainsi que mes tweets en rapport avec LeWeb’11. Un grand coup de chapeau au passage, car il est possible d’importer un folder Google Docs dans un projet, ce qui évite de choisir les documents un par un.

<typo:lightbox src=”https://t37.net/files/hojoki-project-1.jpg” thumbsrc=”https://t37.net/files/medium_hojoki-project-1.jpg” class=”centered” alt=”Home de Hojoki” />

La création d’un nouveau projet est d’une simplicité enfantine : un nom, une couleur pour le démarquer, et une liste de collègues, existant sur le service ou non. C’est absolument parfait pour en assurer la viralité, un vrai bonheur.

Je peux ensuite créer un partage automatique parmi les services que j’ai configurés. J’ai déjà partagé avec Stephanie tous les documents du folder LeWeb 11, je vais maintenant partager mes tweets sur le sujet.

<typo:lightbox src=”https://t37.net/files/hojoki-project-2.jpg” thumbsrc=”https://t37.net/files/medium_hojoki-project-2.jpg” class=”centered” alt=”Home de Hojoki” />

Je filtre sur les tags #leweb et #leweb11

<typo:lightbox src=”https://t37.net/files/hojoki-project-3.jpg” thumbsrc=”https://t37.net/files/medium_hojoki-project-3.jpg” class=”carousel centered” alt=”Home de Hojoki” />

Malgré tout le soin apporté à la réalisation, la prise en main du service peut être un peu déroutante pour qui n’a pas l’habitude. L’ajout des services dans un premier temps, la création des projets et l’import des informations, l’ajout des contacts dans les projets… tout cela demande tout de même un esprit un peu carré, mais on prend (très) vite le pli. Si j’aime beaucoup le parti pris par Hojoki, un certain nombre d’éléments notamment visuels – background Super Mario Bros, utilisation de Gravatar… – montrent que le service n’a pas été conçu pour l’entreprise, du moins pas en l’état. L’approche pure cloud montre également que la cible reste très geek, et qu’à ce titre, le marché ciblé n’est pas extrêmement clair.

Quand au business model et aux risques encourus par un service reposant uniquement sur des API tierces, je vous en parlerai un peu plus tard, puisque j’ai rendez-vous mardi avec Martin Böhringer, le fondateur d’Hojoki pour une interview qui donnera lieu à un second article. Alors n’hésitez pas à me transmettre vos questions. Quant à moi, il ne lui manque qu’un client Twitter pour que je fasse de Hojoki mon nouveau centre de commande. Et c’est tellement sympa que je suis même prêt à payer pour ça.

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