Les divers systèmes de classement sont une composante essentielle des sites sociaux. L’aspect classement permet d’établir une hiérarchie plus ou moins naturelle entre les participants, l’aspect notation permet, en théorie, de réguler naturellement les contenus proposés, en mettant en valeur les éléments pertinents, tout en faisant disparaître les moins intéressants. Une sorte de darwinisme mené par le dessein d’une foule intelligente, en quelque sorte[1]. Il existe de nombreux systèmes de classement et de notation, qui répondent chacun à un besoin ou à un objectif, et ne sont pas forcément exclusifs les uns des autres. Au point qu’ils soient aujourd’hui, et parfois depuis des années, au coeur même de la stratégie globale de majors du marché.

La différence entre rating et ranking

Souvent confondus, car complémentaires, les notions de rating et ranking, termes généralement rencontrés dans le monde anglo-saxon représentent en fait deux notions fondamentalement différentes.

Le rating, est l’équivalent français de la notation. Il ne vaut que pour lui-même indépendamment des autres éléments notés de la plate-forme, même si les écarts de notes sont un indicateur intéressant, quoique pas toujours pertinent.

Ranking signifie classement. Il est donc relatif aux autres éléments notés de la plate-forme. Le système de ranking est, en principe, le même pour tous.

Générer de la confiance par certification de tiers

En cette époque où les notions d’identité numérique, de karma et de certification ont le vent en poupe, il m’était difficile de ne pas commencer avec les systèmes générateurs de confiance, et notamment avec celui d’Ebay.

Ebay a mis en place un système de classement mixte très bien pensé, entre rating, ranking, et recommandation.

Dans un premier temps, le site attribue un point pour chaque transaction effectuée, qu’il s’agisse d’un achat ou d’une vente. Une étoile de couleur est ensuite attribuée à l’utilisateur à chaque pallier quantitatif. Celle-ci permet de savoir d’un coup d’oeil à quel type d’utilisateur on a affaire. Les gros vendeurs se voient également attribuer l’étiquette “power seller”, à priori gage de qualité.

Le rating selon Ebay

En parallèle, le site laisse les utilisateurs noter les ebayeurs avec lesquels ils ont conclu des transactions. Il y a bien évidemment la fameuse appréciation sur la transaction, mais également une note sur 20 qui ne dit pas som nom. La preuve, même mon institutrice d’épouse, ebayeuse régulière, n’avait pas compris à quoi cela correspondait.

Le rating selon Ebay

Cette note est en fait composée de 4 critères qualitatifs auxquels l’utilisateur va attribuer de 1 à 5 points :

  • Sur l’objet.
  • Sur la relation avec le vendeur.
  • Sur les délais de livraisons.
  • Sur les frais de livraison.

Cet ensemble de critères permet, de modérer les mauvais vendeurs et les vendeurs malhonnêtes en permettant aux notes du site et des autres utilisateurs de se pondérer l’une et l’autre.

Faire modérer les contenus par les utilisateurs

Faire remonter les contenus intéressants par les utilisateurs n’a rien de neuf, et ce modèle a fait les beaux jours de pas mal de Digg like, à commencer par l’original.

Le rating selon Digg

Dans ce système, les utilisateurs votent pour les contenus qu’ils trouvent intéressants. Les contenus les plus notés – et non les mieux notés – remontent en haut du classement, les autres disparaissent d’eux même.

Le fonctionnement varie selon les sites. Certains n’autorisent que les utilisateurs enregistrés à voter. D’autres attribuent le même poids aux votes quel que soit l’utilisateur. D’autres encore, comme Blogasty, attribuent un poids différent aux utilisateurs en fonction de leur activité sur le site, et notamment en fonction des points reçus par leurs propres contenus.

Le rating selon Blogasty

Certains sites différencient notations positives et négatives là où les autres ne proposent que positives ou nulles. Cela permet de mettre les contenus notés négativement en quarantaine, et de ne plus les faire remonter au classement général. C’est notamment le mode de fonctionnement choisi par le recueil de citations d’IRC bash.org (le drôle, à ne pas confondre avec son homologue francophone).

Le rating selon Bash.org

Ce mode de fonctionnement est sensé donner les mêmes chances à tous, en privilégiant uniquement la qualité ou l’intérêt des contenus. Ce fonctionnement est en fait faussé, et seule une faible partie des utilisateurs voient leurs contenus remonter, particulièrement sur les digg like. La popularité de ces derniers s’accroît en effet avec la promotion de leurs soumissions.

Générer un classement indépendamment de l’activité sur le site

Certains sites ont besoin de générer un classement de leurs membres, et ce indépendamment de leur activité sur la plate-forme. C’est notamment le cas de certains outils de recherche, traditionnellement Alexa, ou d’agrégation.

La méthode de classement mise en place à partir de 2007 par le [mettre une description ici, je ne comprends plus vraiment ce qu’ils font] Technorati. Chaque blog enregistré sur Technorati dispose d’une note nommée autorité. Cette autorité est calculée sur la base des backlinks reçus par le blog durant les 6 derniers mois. Cette autorité permet ensuite de générer un classement des blogs sur la plate-forme.

Ce mode de fonctionnement, malgré la pondération semestrielle, connaît pourtant les mêmes limitations que les Digg like, puisque les sites les mieux classés généreront toujours, par effet de panurgisme, le plus de liens entrants. Maintenant, il faut savoir que cela fait bien deux ou trois ans que personne n’a plus rien à foutre du top 100 Technorati (dans lequel je suis resté quelques mois, o tempora, o mores).

Le ranking selon Technorati

Pousser à la productivité qualitative et quantitative

Les forums l’ont compris depuis près de 15 ans, le meilleur moyen de pousser un utilisateur à contribuer est encore d’inscrire le nombre de ses contributions chaque fois qu’il intervient quelque part, et de lui donner un titre honorifique fonction de ce décompte : neuneu, petit bozo, bozo intermédiaire, grand bozo…

Qype, la référence des guides urbains a mis en place une méthode hybride de notation assez intéressante.

Le ranking selon Qype

Le site attribue automatiquement des points aux utilisateurs en fonction de leur activité sur la plate-forme, comme n’importe quel forum. Ce ranking permet de distinguer les utilisateurs les plus actifs, et donc de les juger de manière quantitative.

En parallèle, les utilisateurs sont invités à noter les contributions de leurs pairs selon des critères subjectifs et qualitatifs, les compliments :

  • D’accord avec toi.
  • Je suis fan.
  • Bien écrit.
  • J’aime tes guides.
  • Merci 1000 fois.
  • Jolie photo.
  • Écris encore.

Chaque compliment reçu entraîne l’affichage d’une icône sur le profil de l’utilisateur. Quelle meilleure manière, gratuite, de l’inciter à fournir des contenus de qualité ?

Voilà, c’est terminé pour cette première introduction (pour laquelle vous n’aurez pas la possibilité de voter HAHAHAHAHA). Dans d’autres articles, nous étudierons plus particulièrement la mise en place de tels systèmes, d’un point de vue ergonomique, mais également d’un point de vue technique, et comment communiquer dessus auprès de vos utilisateurs.

[1] Mouahaha lol mdr hihihihihihi.

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