Répondre à un appel d’offre relève à la fois du poker, de la roulette russe, et du jeu de pile ou face. Si Corinne Charby jouait sa vie à pile ou face, indifféremment, il faut croire que mes nerfs ne sont plus ce qu’ils étaient, et je ressens une certaine pression à l’annonce du résultat de la consultation.

La partie de poker, c’est parce qu’on sait éventuellement qui joue, et encore, mais certainement pas ce que l’adversaire a en main. Il faut donc savoir bluffer en tenant compte d’une contrainte pas évidente à évaluer: si le prix demandé pour la prestation est trop élevé, l’offre sera rejetée (le prix de la prestation compte généralement pour 40 à 60% de la note globale d’un dossier), mais si au contraire il est trop faible, l’offre sera considérée comme non crédible.

Répondre à un appel d’offre relève de la roulette russe. Dans bien des cas, l’entreprise gagnante a été choisie avant l’émission de l’appel d’offre, celui-ci n’étant émis que dans un soucis de respect de la légalité administrative républicaine. Les chances d’être retenu sont donc particulièrement faibles, et en aucun cas proportionnelle au nombre de candidats et à la qualité de l’offre.

Le côté pile ou face vient après avoir remporté l’appel d’offre: vous avez une chance sur deux pour que l’émetteur décide arbitrairement d’annuler la consultation, ou d’en reporter les effets sine die. Les raisons en sont multiples: changements de direction, crise budgétaire, mauvaise évaluation du besoin…

Bref, l’appel d’offre, le seul jeu où quand tu as gagné, tu risques encore de perdre.

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