Avez-vous déjà essayé le Community Driven Design ? Ce modèle consiste à soumettre les prochaines fonctionnalités de votre produit à vos utilisateurs, tous vos utilisateurs, dès l’écriture d’un premier mockup afin d’intégrer leurs retours dès la phase de conception. Inscrit dans un développement itératif, cette méthode vous permet de gagner du temps par rapport à la conception traditionnelle. Au lieu de sortir une fonctionnalité, collecter les feedbacks, modifier l’existant, puis sortir une nouvelle version, vous passez une itération à récupérer les feedbacks et une à les développer.

Le community Driven Design

Quand (ne pas) utiliser le Community Driven Design ?

Sa nature même ne rend pas le Community Driven Design utilisable partout. Il se limite en fait à des fonctionnalités ciblées, n’ayant pas un impact sur de multiples endroits de votre application sous peine de générer des retours inutilisables. Il faut au contraire proposer des problèmes simples et compréhensibles.

Balsamiq, une excellente application de prototypage basée sur Adobe AIR utilise ainsi le Community Driven Design pour sa fonctionnalité de mise à jour automatisée. Marco Botton a soumis un premier prototype à la communauté, qui donne son feedback. La fonctionnalité est alors développée, puis mise à la disposition des clients.

Balsamiq utilise le CDD

Je vous avais recommandé il y a quelques mois d’impliquer vos utilisateurs dans l’évolution de votre produit, et non vos clients, afin d’éviter le développement à façon pour l’un d’entre eux. Le Community Driven Design ne rentre pas dans cette problématique. D’abord parce qu’il ne s’agit pas de concevoir votre produit au niveau macro avec vos clients, mais de leur soumettre au contraire des points micro là où une série de tests A/B pourrait également jouer. Il ne s’agit pas tant du quoi que du comment. Ensuite, parce qu’en vous adressant à une communauté (de clients) plutôt qu’à des clients ciblés, vous dissolvez les risques de pression dans le nombre.

Ce qui me fait venir à un point intéressant de cette méthodologie qui s’étend bien au delà du simple processus d’amélioration continue. En faisant participer vos clients à la conception de votre produit, vous créez une communauté d’utilisateurs fidèles, et générez un fort engagement chez ces derniers, faisant d’eux vos meilleurs évangélistes, donc rapporteurs d’affaires.

En revanche, si vous ne souhaitez pas communiquer tout ou partie de votre roadmap produit à vos concurrents, cette méthode est évidemment à proscrire, puisqu’elle vous fait perdre l’effet de surprise, et donc une possible avance produit. Elle découle d’une certaine philosophie qui consiste à mettre de côté l’obsession de la concurrence – et ses corolaires la course à la fonctionnalité et la stratégie girouette – au profit de l’obsession de la satisfaction des utilisateurs.

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: