Alors qu’une étude sur le comportement des utilisateurs montre que 88% des utilisateurs n’ont jamais ou très rarement navigué via les nuages de tags, le débat sur la suppression des catégories à leur seul profit n’a jamais été intense. Habari a déjà franchi le pas, Wordpress a remplacé sa table “catégories” par une taxonomie complexe, et la chose a également été discutée pour Typo avant d’être rejetée.

Apparus en 2005, les tags semblent donc bien partis pour remplacer les catégories, héritées du rubriquage traditionnel de la presse papier. Ils en sont pourtant particulièrement différents, aussi bien par leur nature que par leur fonction, et en sont complémentaires bien plus que concurrents.

Les tags, un outil de description et de navigation

Hériters de la taxinomie, les tags permettent de décrire un contenu en fonction de ses caractéristiques. Ils se matérialisent par un lien hypertexte, contenant un mot-clé, et pointent soit vers une page, proposant une définition dudit mot-clé, soit, plus souvent, vers une page regroupant un ensemble de contenus décrits par ledit mot-clé.

<a href="https://t37.net/tags/ergonomie" rel="tag">ergonomie</a>    

La page vers laquelle pointe le lien peut aussi bien être interne au site qu’externe. On pourra ainsi pointer vers la page de résultats d’un outil de recherche prenant les tags en compte, comme Technorati, Delicious ou Diigo.

La différence entre les deux modes d’utilisation, description ou agrégation est fondamentale.

Dans le premier cas, le tag est utilisé comme un élément descriptif du contenu, et peut contenir un terme que je ne rencontrerai pas dans ce dernier. Par exemple, je peux tout à fait écrire un article sur l’encéphalopathie spongiforme bovine sans utiliser une seule fois le mot “vache”, tout en plaçant ce dernier dans mes tags, par exemple avec “vache” et “vache folle”.

Dans le second cas, et c’est son utilisation la plus fréquente, le tag devient un mode de navigation à l’intérieur du site, de manière transverse là où les catégories sont un mode de navigation vertical. Je peux ainsi utiliser le tag “google” dans des billets classés dans les catégories “ergonomie”, “développement”, “humeur” sans qu’ils aient d’autre rapport entre eux que de parler de Google.

rel-tag et meta tag

Le microformat rel-tag, souvent appelés tags Technorati par abus de langage sont fondamentalement différents des meta keyword inclus dans les en-têtes HTML des pages web.

Les meta keyword sont contenus dans l’en-tête de la page, et non dans le contenu. Ils s’appliquent donc à l’intégralité du document, et non à un contenu donné à l’intérieur même dudit document.

Étant placés dans l’en-tête des pages HTML, les meta keyword sont donc invisibles pour le visiteur, là où les tags sont des informations obligatoirement visibles, et immédiatement utilisables.

Les catégories, un mode de classement vertical

Les catégories sont un mode de classement hiérarchique vertical. Elles peuvent posséder des sous-catégories, ces dernières pouvant, dans les systèmes particulièrement complexes, hériter de plusieurs catégories mères. Et tout le monde sait que l’héritage multiple, c’est mal, mais je m’égare. Dérivées des rubriques de la presse papier, elles s’utilisent comme point d’entrée éditorial selon deux modes :

  • Thématique : ergonomie, ruby on rails, gestion de projets.
  • Par rubriques : éditorial, didacticiels, blogueurs écrasés.

On pourra également mélanger les deux : didacticiels sur ruby on rails, l’ergonomie ou la gestion de projets… Mais dans tous les cas, le classement reste hiérarchique.

Contrairement aux tags, les catégories sont généralement peu nombreuses, générales et très peuplées. Elles correspondent à la ligne éditoriale générale du site, laquelle peut évoluer plus ou moins sensiblement avec le temps, et ce sont les contenus qui viennent s’y ranger, pas le contraire.

Félin pour l’autre ?

Les tags ne peuvent pas remplacer les catégories car ils leur sont fondamentalement différents :

  • Désignation contre classement.
  • Ordonnancement vertical contre ordonnancement transversal.
  • Élément de navigation contre point d’entrée éditorial.
  • Spécifique contre général.

Catégories et tags ont donc parfaitement leur place, cote à cote, sur n’importe quel site web proposant un tant soit peu de contenus.

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