Cela fait trois semaine que j’avais ce billet dans mes cartons, mais le manque de temps m’a empêché de le terminer avant aujourd’hui, ce qui, quelque part, tombe bien, tant il est d’actualité.

Firefox Download DaySi vous vous intéressez un tant soit peu au développement web, ou mieux, à l’actualité des standards du web, vous ne pouvez pas être passé à coté de ce qui risque bien de rester dans les anales comme l’idée la plus stupide depuis l’invention du parcmètre© : le Firefox Download Day. Peut-être y avez-vous même participé dans un grand élan de panurgisme.

Dans le cas où vous seriez toutefois resté enfermé dans une cave autrichienne durant les 28 dernières années, permettez-moi de vous expliquer rapidement du happening qui a accompagné la sortie de la troisième version du célèbre navigateur au panda. Il s’agissait ni plus ni moins que de battre le record du monde, de la vie, de l’univers et du reste, du logiciel le plus téléchargé le jour de sa sortie. Record, soit dit en passant, qui ne devrait pas être difficile à battre puisqu’il n’était à ce jour homologué nulle part.

Pour ce faire, la fondation Mozilla a mis les petits plats dans les grands : annonces à répétition, matériel d’évangélisation online et offline afin de toucher un maximum de monde… Bref, une campagne de buzz marketing digne des plus grands, avec sa flashmob virtuelle à l’échelle mondiale à la fin. Merveilleux. Histoire d’ajouter un peu d’esprit de compétition dans l’esprit de ses zélés zélotes, une magnifique carte – en Flash uniquement, sic – affichait par pays le nombre de participants engagés dans l’opération en temps quasi réel. Chauvinisme quand tu nous tiens… Curieusement, l’Afrique et le Groenland semblent être moyennement intéressés par cette opération, et ma foi, je les comprends assez.

D’autant qu’un grain de sable s’est logé dans cette superbe opération : cela fait près d’un mois que l’on entend parler de cette opérations, mais la date de sortie officielle n’a été donnée qu’il y a trois ou quatre jours. Vous avez donc eu tout le temps d’encourager vos amis à se joindre à l’opération, sans pouvoir cependant leur dire quand elle allait se dérouler.

La première fois que j’ai entendu parler du Firefox Download Day sur le Standblog de Tristan Nitot, je me suis sincèrement demandé quelle mouche les avait piqués. Je suis donc allé demander son avis à mon planeur stratégique favori. Il m’a assuré arguments à l’appui que c’était la meilleure chose qu’ait pu faire la fondation Mozilla dans le but de promouvoir Firefox 3 auprès du grand public.

Question : qu’est-ce que la fondation Mozilla peut mettre en avant afin de promouvoir Firefox 3 et ainsi gagner de nouvelles parts de marché ? Les réponses ne sont pas évidentes.

Réponse : RIEN. Elle y connaît rien aux femmes à Firefox Rick Hunter la fondation Mozilla.

L’alternative à Internet Explorer, et le respect des standards du web

Cet argument adresse la communauté des technophile, développeurs webs, avocats des standards, détracteurs de Microsoft. Cette dernière est le coeur de cible traditionnel de la fondation Mozilla depuis la libération du code de Netscape. Malheureusement, nombre de ces early adopters, dégoûtés des performances catastrophiques de Firefox ont fini par se tourner vers un navigateur alternatif qui n’autorise peut-être pas le contrôle de sa cafetière via l’extension adéquate, mais permet au moins de naviguer sans mobiliser 4Go de RAM.

Et la hype attitude, quand on a presque 20% de parts de marché, c’est pas gagné.

Les fonctionnalités

Si l’on excepte Internet Explorer 6, tous les navigateurs modernes supportent aujourd’hui la navigation par onglets, un système plus ou moins heureux d’extensions et des fonctionnalités anti phishing. Même Safari au prix de hacks immondes. Évidemment, avec Firefox, on peut avoir la météo en direct sur son navigateur, mais je doute que cela suffise. Sans compter que nombre des fonctionnalités dites avancées s’adressent avant tout aux power users, dont ne fait malheureusement pas partie madame Michu, ménagère de 49 ans et demi, pourtant visée par l’opération de communication.

Les performances

Difficile également de communiquer sur les performances, à part peut-être pour mieux mettre en avant les résultats catastrophiques de Firefox 2.

Allez parler de performances à un public qui possède en très grande majorité un navigateur intégré à leur système d’exploitation qui se lance instantanément. Là encore, on a affaire à un argument ciblant le coeur de cible traditionnel de Firefox. Au moins la fondation Mozilla peut-elle espérer un retour en grâce de ce coté là. Ou pas.

J’ai utilisé les navigateurs Netscape/Mozilla sans interruption de 1996 à 2007, avec une courte période d’infidelité avec Konqueror durant l’été 2001. D’abord Netscape Navigator / Communicator, puis Mozilla, Poenix, Firebird, Firefox et Flock, pour son UI plus agréable sous Mac OS X, aussi bien que ses fonctions sociales. J’ai fait partie du coeur de cible traditionnel de Firefox pendant bien des années : utilisateur de Linux à la recherche d’un navigateur utilisable, gros utilisateur d’extensions, avocat des standards… avant de passer à Safari, puis aux nightlies de Webkit, à la recherche d’un navigateur respectueux des standards et utilisable pour ce pour quoi il a été créé : naviguer sur le web.

J’avoue aujourd’hui ne plus me reconnaître dans le positionnement de la fondation Mozilla, dont le seul but semble aujourd’hui de conquérir des parts de marché face à Internet Explorer, tout en faisant la course aux standards et aux perfs avec Webkit et Opéra. Quand une société ne semble plus capable de se développer grâce à son produit phare, mais uniquement par les opérations de communication autour de son produit phare, on est en droit de craindre pour l’avenir. Firefox dispose d’une communauté particulièrement active qui fait sa force, mais un essoufflement de sa dynamique, d’une alternative sympathique à IE vers à usine à gaz industrielle dans les prochains mois n’est pas un risque à prendre à la légère, quelle que soit la qualité et les qualités de Firefox 3. Encore avec les nouveautés annoncées par Internet Explorer 8.

Quant à savoir quel est le logiciel le plus téléchargé de tous les temps, vue la quantité de Windows 2000 et XP téléchargés illégalement, c’est très certainement… Internet Explorer 6, ne vous déplaise.

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