Et si Google Plus était le chaînon manquant entre Twitter, Facebook, un blog et… Quora en devenant le meilleur vecteur de conversations là où Wave a lamentablement échoué faute d’être utilisable ? C’est en tout cas la question que je me pose depuis plusieurs jours en observant l’usage qu’en fait Jeremiah Owyang. : Google Plus semble être l’endroit parfait pour tenir des conversations sur des points précis d’un billet de blog, d’une analyse, ou simplement sur une idée jetée en l’air.

Conversations sur Google Plus

Twitter est la plate-forme idéale pour diffuser et collecter des informations. Cependant, la limitation de la longueur des messages à 140 caractères et l’absence de hiérarchisation entre les tweets empêchent la tenue d’une réelle conversation. Les échanges à deux sont possibles, à partir de trois intervenants, ils deviennent rapidement impossible à suivre.

Facebook est parfait pour rassembler des communautés d’intérêts, mais le format et l’aspect plus personnel que formel rend ce genre de discussions difficiles à mettre en place. Jeremiah et d’autres me confirmaient d’ailleurs que depuis l’arrivée de Plus, leur flux Facebook était redevenu beaucoup plus familial et amical, ce qui n’aurait jamais du changer tant Facebook est conçu pour des relations personnelles.

Un blog est ce qu’il existe de mieux pour dérouler une réflexion de fond, argumentée. Mais le système de commentaires, même en les hiérarchisant, permet difficilement de suivre une discussion sur un point précis de l’analyse. La manière dont Jeremiah déporte la conversation sur Google Plus en fait un excellent prolongement de ses articles, même s’il ne lui est pas possible de les rappatrier directement sur son blog.

Quora pourrait être l’endroit idéal pour mener ce genre de conversations. Le but de Quora est en effet d’être un service de questions / réponses hautement qualitatif. Cependant, si le niveau des threads est incontestable, l’ambiance un peu trop académique qui y règne, et le système de notations rendent impossible la réelle tenue d’une conversation, chacun venant apporter une réponse dans l’espoir de se retrouver en haut de la liste.

Reste Google Plus. Y générer des conversations demande d’avoir déjà construit une certaine communauté, aujourd’hui externes au service, et c’est pour cette raison que ce n’est pas à la portée de n’importe qui, d’autant que les marques ou les événements ne peuvent pas encore y avoir leur espace dédié. Ce n’est pas pour rien que je me suis intéressé aux usages de Jeremiah : son influence en tant qu’analyste lui permet de rassembler un grand nombre de personnes souhaitant discuter d’un sujet précis, sans qu’il lui soit réellement nécessaire d’animer la conversation.

Le fait que Plus soit encore un service aux usages minoritaires, très geek diront certains, y est également pour quelque chose. Cette population est la plus à même de rechercher des discussions de fond sur le Web, sans forcément partir en troll et en point Godwin. L’arrivée du grand public aux stades de l’early majority, puis de la late majority de la courbe de Rogers (pas celui qui n’a pas fait d’erreurs) pourrait changer les choses, même si les conversations sont suffisamment cloisonnées.

Courbe d'innovation de Rogers

L’expérience utilisateur de Plus s’y prête également :

  • L’affichage des conversations en pleine page rend les conversations faciles à suivre.
  • La possibilité de se référer à l’un des participants avec le lien qui va bien pallie le manque de hiérarchisation.
  • Enfin, l’ambiance y est beaucoup plus détendue que sur Quora.

Je me trompe peut-être, mais je vois bien Google Plus devenir le prochain back channel des grandes conférences Web, avec la possibilité de conserver les conversations et une véritable valeur ajoutée.

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