Les 19 et 20 juin s’est tenue la première édition britannique de LeWeb, la conférence organisée depuis 2006 par Loic et Geraldine Lemeur. Cette étape londonniene organisée en plein milieu d’année était un jalon idéal pour ceux qui s’intéressent à ce qui se passe sur Internet et plus particulièrement à l’écosystème des startups. Olivier Ezratty étant absent de cette édition de LeWeb, je me suis permis de repomper sauvagement son format de compte-rendu qui m’as semblé tout à fait adapté.

Entrepreneurs are GREAT Britain

Cette édition ressortait tout particulièrement dans un contexte politique et économique très particulier. La Grande Bretagne a lancé une opération très agressive de promotion de l’entrepreneuriat et des startups autour du slogan Entrepreneurs are GREAT Britain, et David Cameron a lancé une attaque très violente contre le gouvernement français en déclarant le jour de l’ouverture de la conférence qu’il déroulerait le tapis rouge pour toutes les entreprises françaises qui souhaiteraient venir payer leurs impôts en Angleterre. Le gouvernement socialiste a d’ailleurs été mentionné par tous les participants à la keynote d’introduction visiblement inquiets pour l’économie française, et plus particulièrement pour l’écosystème des startups.

Faster than real time

Après real time Web en 2010 et SoLoMo (Social, Local et Mobile) en 2011, cette édition de LeWeb avait pour thématique Faster Than Real Time, ou Plus Rapide que le Temps Réel. On y a donc parlé d’analyse comportementale, de mobile, et de la manière dont les entreprises en général et les marques en particulier devaient repenser leur manière de faire du business à l’aune de l’évolution des comportements des consommateurs, et de ce qu’on pouvait en prédire.

Faster than real time

1283 participants de 52 pays

Cette première édition de LeWeb Londres a regroupé 1283 participants de 52 pays, auxquels ils faut ajouter les 20 blogueurs officiels sur lesquels je reviendrai plus loin. Évidemment, le Royaume Uni était le plus représenté, avec pas moins de 508 participants, suivi de la France (224), et des États-Unis (176). Le nombre de participants anglais était toutefois à relativiser, puisque nombre d’entre eux étaient des français expatriés à Londres, qui est la sixième plus grande ville de France avec 117 978 expatriés inscrits au registre des français établis hors de France, bien que les estimations totales se rapprochent de 250 000.

Origine des participants

Ce chiffre peut sembler faible comparé à la version parisienne de l’événement. Il faut cependant rappeler que LeWeb Londres a été annoncé il y a seulement quatre mois, et n’a pas bénéficié de la caisse de résonance dont profite l’événement principal. De ce point de vue, on peut clairement considérer LeWeb Londres comme une réussite.

Plus de 800 entreprises étaient représentées, avec tout l’éventail des métiers de l’Internet : agences, startups en quête de financements, média, capital risque, startups plus en vue, et des grands groupes venus dénicher ou comprendre les nouvelles tendances. Les plus grosses délégations étaient, sans surprise, celles des partenaires de l’événement, avec en tête de pont :

Société Participants
Orange 49
Kraft Foods 39
Box 19
CNN 14
HP 13
Google 12

20 blogueurs officiels venus de 12 pays

Comme chaque année, LeWeb a convié un groupe de blogueurs à venir couvrir l’événement. Loic Lemeur a une longue histoire d’amour avec les blogs, puisqu’il a lui-même eu un blog particulièrement lu à une époque, et qu’il a racheté Ublog qu’il a ensuite revendu à 6Apart, dont il a par la suite rejoint le board.

Pour la seconde fois consécutive, je me suis occupé de la sélection et de la gestion des blogueurs officiels avec Arne Hulstein et Stephanie Booth. Nous avons reçu 20 blogueurs venus de 12 pays, qui ont couvert l’événement en Français, Anglais, Russe, Serbe, Croate, Macédonien, Espagnol, Portugais, Hollandais et Chinois. Les critères de sélection ont été principalement géographiques, linguistiques, et typologiques. À ces 20 blogueurs sont venus s’ajouter une centaine de journalistes accrédités.

On pourra se demander si inviter des blogueurs à LeWeb a encore du sens vue l’exposition de l’événement dans les média, puisqu’une centaine de journalistes avaient été invités d’une part, et que la conférence était entièrement retransmise en vidéo sur Youtube. Je répondrai par l’affirmative tant les points de vue et le mode de couverture abordés sont différents de ceux de la presse traditionnelle ou des média numériques.

Les lieux et l’organisation générale

Le moins que l’on puisse dire c’est que Loic et Geraldine Lemeur avaient mis les petits plats dans les grands en hébergeant LeWeb dans le Methodist Central Hall de Londres, un temple protestant installé juste en face de l’abbaye de Westminster. Côté organisation, on voit que la conférence a vraiment franchi un pallier depuis deux ans, et tout semblait parfaitement huilé. De ce point de vue, ce fut probablement la meilleure édition de LeWeb. On peut l’attribuer à l’expérience de l’équipe, mais également au plus petit nombre de participants qui rend forcément les choses plus faciles.

Methodist Central Hall London

Le fait d’avoir pu tout regrouper dans un seul bâtiment a donné un sérieux coup de boost à la cohésion de l’événement. Les locaux étaient bien remplis, mais sans toutefois qu’on se marche sur la figure. Il était beaucoup plus facile de rencontrer des gens que lorsque LeWeb se trouve aux Docks, et surtout, je n’ai pas eu l’impression ni de marcher des kilomètres, ni de passer ma journée à présenter mon badge aux cerbères chaque fois que je devais changer de bâtiment.

La salle plénière était particulièrement impressionnante et adaptée à l’événement, avec un look qui oscillait entre la grande salle du Rex et la cabine du capitaine Nemo dans 20 000 Lieus Sous Les Mers. Consacrée à la thématique principale, elle a vu s’enchainer présentations, discussions et tables rondes d’une durée oscillant entre 15 et 30 minutes. La seconde salle plénière accueillait le concours de startups le mardi et un track social business modéré par Cédric Giorgi et Jeremiah Owyang.

La salle plenière de LeWeb

2 démo zones accueillant le stand des startups avaient été installées de part et d’autres du bâtiment. De mon point de vue, séparer ces deux salles a été un échec, leur taille relativement faible ayant beaucoup nui à la vie qui s’y développe habituellement, et on avait un peu l’impression qu’il ne s’y passait pas grand chose. Ce choix était du à la configuration des lieux qui ne contenaient que peu de grandes salles. La salle accueillant les 16 entreprises qualifiées pour le concours de startups était également vide, et j’ai eu du mal à trouver les fondateurs de ces sociétés pour effectuer mes interviews.

3 espaces permettaient aux participants de s’adonner tranquillement au networking sans déranger ceux qui écoutaient les conférences ou participaient aux ateliers. Le premier était situé dans le hall de l’événement, le second à la sortie de la salle plénière, et le troisième, à côté de la seconde plénière, était aux couleurs d’Evernote.

L’accès à Internet

Fournir un accès sans fil à Internet à plus d’un millier de personnes est toujours un casse tête et le point noir des conférences technologiques, surtout quand les participants uploadent et downloadent un grand nombre de média riches, gros consommateurs de bande passante. Le fait que chaque participant dispose le plus souvent d’au moins deux terminaux ne facilite pas les choses.

Pourtant, le Wifi a extrêmement bien marché malgré un ou deux couacs dus à la saturation de la bande de fréquence des 2.4GHz (802.11g), avec un débit plus que satisfaisant, qui a permis aux startups de faire leurs démos sans problèmes, même si nombreuses étaient celles qui avaient installé une version de leur produit en local. C’est en revanche la première fois que je vois du WIFI fermé dans une conférence technologique, mais il semble que cela vienne du réglement des lieux.

L’alimentation

Nourrir plus d’un millier de personnes est toujours un défi, auquel LeWeb répond chaque année avec brio. De nombreux buffets et points permettant de se désaltérer ont été installés sur les lieux : deux à côté de la salle plénière, un (le plus important) dans le networking lounge, un dans chaque démo zone, et un dans la salle du concours de startups.

La topologie des lieux a pourtant fait que les deux buffets de la salle plénière se sont retrouvés pris d’assaut avec une queue pouvant atteindre 10 minutes, tandis que les buffets installés dans les salles annexes étaient pratiquement vides, pour mon plus grand bonheur.

Petit bémol cependant, puisque, contrairement à Paris, il était impossible de manger entre les repas, la nourriture étant débarrassée des buffets dès les heures officielles du petit déjeuner et du déjeuner passées. Heureusement, celles-ci étaient suffisamment étendues pour que tout le monde y trouve son compte. J’ai du revoir à l’arrache mes habitudes alimentaires en conférence qui allient systématiquement networking, thé et grignotage.

Et voilà, c’est tout pour cette première partie, je publierai mon compte-rendu du concours de startups dans les jours à venir, en fonction de mon emploi du temps.

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