L’iPod Touch est-il un vrai baladeur ou un iPhone sans téléphone ? La question est posée de manière assez intéressante par Jay Vidyarthi qui en analyse l’expérience utilisateur et pointe du doigt les quelques faiblesses relativement agaçantes de l’objet. Il pointe deux grosses faiblesses de l’objet, qui lui font remettre en cause la stratégie habituelle d’Apple – proposer des objets à l’utilisabilité quasiment parfaite – au profit d’une bête opportunité marketing, c’est à dire la mode de l’iPhone et du tout tactile. Avec au final, un risque de perte de confiance de la part du coeur des utilisateurs – et je n’emploie pas le terme client à dessein – de la marque à la pomme.

Je vais volontairement reprendre le billet de Jay Vidyarthi à l’envers, ayant beaucoup plus de choses à développer sur sa première critique.

Premier reproche, le parcours utilisateur qui me fait quitter le mode shuffle quand je sélectionne une chanson dans une playlist. Jay considère qu’il aurait fallu redémarrer un mélange à partir du morceau choisi, comme cela se fait sous iTunes, Winamp, ou quasiment n’importe quel baladeur MP3 du commerce.

La première fois que j’ai pris mon iPhone, j’ai moi aussi été un peu surpris par ce mode de fonctionnement. À bien y réfléchir, il me semble pourtant parfaitement normal, et c’est le fonctionnement contraire qui, je crois, m’aurait finalement choqué.

Fonction shuffle sur iTunes

Sous iTunes, la fonction shuffle est globale dans l’application. iTunes laisse la possibilité de la définir contextuellement. Les playlist gardent cependant en mémoire ce mode d’écoute d’une fois sur l’autre.

Sur un baladeur MP3 standard, le mode shuffle s’active dans la configuration générale de l’appareil. Parfois, un bouton en façade permet de le désactiver, mais cela ne va pas plus loin.

Playlist de l'iPod touch

Sur l’iPod Touch comme sur l’iPhone, le mode shuffle se lance à l’intérieur de la playlist, dont il fait partie. Aucun signal visuel fort ne vient différencier l’activation du shuffle des morceaux de la playlist. Il est donc logique de reprendre séquentiellement le flot des titres joués quand on quitte ce mode, même si la logique, en se démarquant de l’expérience utilisateur habituelle peut sembler peu intuitive dans un premier temps.

Second reproche, l’iPod Touch offre une expérience utilisateur déplorable à qui recherche avant tout un baladeur. L’écran tactile rend en effet impossible le défilement des chansons à tâtons à travers la poche d’un manteau. L’accès indirect aux fonctionnalités de bases de l’appareil nécessite l’achat d’une télécommande supplémentaire, laquelle était d’ailleurs fournie avec – au moins – les deux premières générations d’iPod.

De ce point de vue là, je rejoins tout à fait Jay. Habitué par la seconde génération d’iPod à pouvoir aller et venir dans ma musique à travers la poche de mon blouson, j’éprouve aujourd’hui une certaine frustration, notamment lorsque je souhaite revenir en arrière, et ce malgré la présence d’un kit mains libres sur mon iPhone qui ne me permet de faire défiler que dans un sens.

Jay Vidyarthi résume lui-même son problème dès le début de son article, que je m’empresse de quoter. Il n’a pas acheté, volontairement, un appareil correspondant à son besoin.

Tout en ventant le fait que le iPod Touch me permet de me connecter à mon réseau wi-fi à la maison et m’offre des fonctionnalités étonnantes, je ne peux refréner le sentiment que Apple ne s’est pas assuré d’offrir une expérience d’écoute rencontrant de hauts niveaux de qualité. […] Les deux problèmes identifiés font preuve d’une incapacité à capturer la chaîne des besoins d’un amoureux de musique. Je définirai comme amoureux de musique, toute personne (comme moi) qui est exigeante en matière d’écoute musicale, qui se trouve souvent dans une certaine urgence d’entendre une chanson spécifique et qui ne supporte pas d’écouter une chanson qui ne correspond pas à son humeur du moment.

Il y a une vingtaine d’années, Candy avait lancé à grand renforts de publicité le Trio, une machine qui en vaut trois, à la fois gazinière, four et lave vaisselle. Si l’objet était fort pratique pour qui veut gagner du volume (et non des millions), on avait en revanche entre les mains une gazinière médiocre, un four sous dimensionné, et un mauvais lave vaisselle.

Que ce soit en termes de capacité de stockage, d’accès à la musique, ou même de fonctionnalités, l’iPod Touch est tout sauf un baladeur traditionnel, et il ne se présente pas comme tel, mettant l’accent sur la possibilité d’installer des applications tierces, de surfer sur le web en wifi, de regarder des films ou de profiter de l’écran tactile et de l’acceléromètre pour jouer… avec une expérience de jeu somme toute médiocre.

Tout le problème vient, à mon avis, de la dénomination d’iPod, qui range de facto le Touch sur la même étagère de son grand frère, alors même qu’il vise un public totalement différent. La différence entre iPod et iPod nano est évidente : plus petit format, capacité plus faible. La différence entre l’iPod est l’iPod touch est plus difficile à cerner sans en regarder les spécifications. Il souffre d’être un mini média center déguisé en faux baladeur.

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