Combien de fois ai-je vu des étudiants en stage de fin de cursus me déclarer “je veux être chef” avant même d’obtenir leur diplôme ? Et chef de quoi, d’abord ? Chef de projets, avant même sa première confrontation à un vrai projet dans le monde réel – comprendre celui de l’entreprise. Permettez moi de sourire : lors de mon passage à EDF, j’ai vu des centraliens pisser du Java sans rechigner 10 heures par jour, avant de pouvoir enfin obtenir le statut tant convoité.

On tient pourtant là un des (nombreux) paradoxes de bien des informaticiens :

Jeunes développeurs, ils craignent de le rester toute leur vie et n’ont rien de plus pressé que de quitter ce statut pour rejoindre le coté obscur de la force, peuplé de tableaux Excel, de présentations Powerpoint et de plateaux repas froids apportés par un traiteur en plein milieu d’une réunion marathon.

Chefs de projets, leur première inquiétude est de perdre pied sur le plan technique, et de ne plus pouvoir suivre ce que réalisent les développeurs placés sous leur responsabilité, voire d’effectuer des choix cohérents : CGI en C ou framework en PHP5 ? J2EE ou Ruby on Rails ?

On ne peut donner tort aux premiers : dans le monde impitoyable des sociétés de services, un développeur trop expérimenté coûte bien plus cher que ce que le marché accepte de le payer, ou alors c’est qu’il il fait du COBOL et maintient des applications plus vieilles que moi.

On peut donner pareillement raison aux seconds sur lesquels plane l’ombre de ces chefs de projets ou DSI de 55 ans, confortablement installés dans leur fauteuil en attendant la retraite, incapables de prendre une décision sensée puisqu’aux antipodes de la réalité, mais refusant de se remettre en question au nom du sacro saint principe de Dilbert qu’on ne doit pas nommer mais qu’on ne se gène pas pour appliquer au jour le jour. Ceux qui pensent que j’exagère manquent probablement encore d’expérience dans les méandres des grands groupes de notre beau pays.

Aux premiers, j’aurais envie de dire “patience” : vous apprenez la gestion de projets à l’école, et c’est très bien, mais avant de réclamer des responsabilités, souvenez-vous de ces deux proverbes :

La pratique n’est rien d’autre que la mise en application de la théorie… du moins en théorie.

et :

C’est au pied du mur qu’on voit le mieux le mur.

Quand aux seconds, je ne saurais leur conseiller meilleure alternative aux coûteuses formations dispensées par des instituts renommés que l’investissement au titre de vos loisirs dans un projet open source. Pas forcément à grosse dose, chacun selon ses possibilités mais vous n’en tirerez que des bénéfices :

  • La dynamique de groupe de tels projets vous encouragera à participer.
  • C’est une très bonne carte de visite pour le jour où un client fera une recherche sur votre nom sur Google.
  • Le monde de l’open source est généralement très au fait des derniers changements technologiques auxquels vous risquez un jour d’être confronté.
  • Vous nouez de nombreux contacts à l’international

En un mot : vous continuez à apprendre tout en vous amusant et vous rendant utile.

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: