Hier soir à minuit, j’ai validé mon manuscrit du NanoWriMo 2010, ce qui explique mon silence ces dernières semaines malgré une actualité plutôt intenses, et pas mal de choses sur lesquelles j’aurais voulu écrire. Si le coeur vous en dit, vous pouvez blâmer ma vieille amie Nathalie Hamidi, qui essayait de m’entraîner là dedans depuis deux ans.

Certificat NanoWriMo 2010

Le National Novel Writing Month est un marathon d’écriture qui se tient chaque année durant le mois de novembre. Lancé en 1999 par une bande d’amis, le concept est assez simple : il vous faut écrire une fiction d’au moins 50.000 mots entre le premier et le trente novembre. 50.000 mots, cela fait un livre d’à peu près 170 pages, soit la traduction française du Meilleur Des Mondes d’Aldous Huxley.

L’idée derrière le NanoWriMo est de permettre à tous les gens qui veulent écrire de la fiction mais n’osent pas se lancer à cause de l’ampleur de la tâche. Le NanoWriMo leur offre donc un cadre durant lequel ils peuvent s’y essayer.

2010 était mon premier NanoWriMo, et j’espère bien recommencer l’an prochain. Voici, à chaud, mes premières impressions et les premières leçons que je tire de ces trente jours et trente nuit d’abandon littéraire.

Le plus dur n’est pas d’écrire 50.000 mots de fiction en 30 jours. C’est en fait assez facile de s’en approcher. Comme dans un marathon, le plus dur réside dans le dernier kilomètre, en ce qui me concerne les 5000 derniers mots qui m’ont vraiment paru interminables.

Contrairement à ce que je pensais, le NanoWriMo n’est pas tant d’écrire les 50.000 mots fatidiques que d’écrire régulièrement pendant les 30 jours. J’ai torché les miens en 19 jours, soit une moyenne de 2631 mots par jour, pour une moyenne quotidienne recommandée de 1667 mots, et je n’ai pratiquement pas écrit une ligne depuis. Et je pense qu’aller au bout de son roman – il me manque 5 ou 6 chapitres – sera encore plus difficile. L’an prochain, je me focaliserai sur la régularité.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Tout le monde n’écrit pas à la même vitesse, et il ne faut surtout pas se fixer sur les gens qui terminent le NanoWriMo en quatre ou cinq jours. Ces gens là écrivent toute l’année, et visent 200.000, voire 250.000 mots sur le mois.

On me demande où j’ai trouvé le temps. J’ai écrit matin et soir pendant mes 90 minutes de RER, pendant mes pauses déjeuner, le soir en sortant du bureau… Ça devenait limite obsessionnel, et je comprends mieux ce que l’écrivain qui a découvert Dan Simmons voulait dire dans la préface du recueil Le Styx Coule à l’Envers.

Votre NanoWriMo n’est pas une fin en soi. C’est juste une base pour écrire quelque chose de potable. NanoWriMo privilégie la quantité à la qualité, et ce que j’ai pondu ce mois-ci est passablement illisible, avec quelques grosses incohérences entre les chapitres pour permettre à mon récit de retomber sur ses pieds. Je vais reprendre tout ça, et qui sait, peut-être que je le publierai en e-book une fois que j’aurai quelque chose de potable.

La fiction, ça s’entretient. Je n’en avais pratiquement plus écrit depuis 2006, et je l’ai senti passer, surtout les 15.000 premiers mots : phrases lourdes, mots qui ne viennent pas, obligation de réfléchir pour trouver des synonymes afin d’éviter les répétitions… Pour être vraiment efficace, il faut pouvoir écrire une phrase tout en réfléchissant à la suivante.

Il est très important de préparer sa fiction avant le NanoWriMo, afin de pouvoir se consacrer à l’écriture de cette dernière durant les trente jours du mois de novembre. Cela signifie écrire les grandes étapes de l’histoire et le background des personnages à l’avance, bien que cela ne suffise pas. Je n’ai compris le sens que je voulais donner à mon roman – une adaptation cyberpunk de la version Disney d’Alice Au Pays Des Merveilles – après avoir passé la barre fatidique 50.000 mots.

Enfin, je terminerai par l’importance de la communauté, qui est d’une aide plus qu’appréciable pour avancer, notamment à travers les write ins, des séances d’écriture en groupe durant lesquelles le but est de faire avancer son roman à marche forcée, avec un petit côté alcooliques anonymes – pour ne pas dire secte – par moment : bonjour, je m’appelle Frédéric, j’en suis à 12345 mots, et aujourd’hui j’ai écrit 1337 mots. L’encouragement mutuel à avancer, et le soutien d’une communauté d’intérêts qui m’a un peu changé des groupes socio professionnels m’a permis de gagner le NanoWriMo, ce que je n’aurais certainement pas fait tout seul si j’avais écrit dans mon coin comme je l’avais initialement prévu.

Je vais maintenant prendre quelques jours pour me sortir la tête du NanoWriMo, répondre à tous mes emails en retard et terminer la préparation de la soirée Blogger Party By LeWeb Friends que j’organise avec Damien Douani avant l’arrivée de LeWeb 2010 qui risque fort d’être aussi intense, bien que beaucoup plus court. Et en attendant l’année prochaine, je vous laisse avec ce qui est devenu notre leitmotiv pendant ce mois de folie : Pas de bras, pas de chocolat. Pas de mots, pas de NanoWriMo.

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: