Bonjour à toutes et à tous © ® ™. Fidèles lecteurs du site, vous avez du remarquer que ça fait un moment que je n’ai rien écrit ici, pour les autres, ben… ça fait un moment que je n’ai rien écrit ici. Je viens en revanche de terminer avec succès le National Novel Writing Month, un marathon d’écriture au cours duquel les participants doivent écrire un roman d’au moins 50.000 mots.

Organisé chaque année au mois de novembre, ce défi un peu fou donne un cadre défini dans le temps à tous ceux qui voudraient écrire leur premier roman, mais n’osent pas se lancer à cause de l’ampleur de la tâche. Il s’agit pour les participants d’écrire une moyenne de 1667 mots par jour, ce qui est tout à fait abordable et difficile à la fois.

Nanowrimo, winner

J’avais déjà réussi le NaNoWriMo l’an dernier, avec Alice En Verres Miroirs, une adaptation Cyberpunk très noire du classique de Disney Alice Au Pays Des Merveilles. Je me suis cette fois frotté au thriller, avec l’histoire de l’héritier déchu d’une banque privée juive, dont l’arrière grand père, officiellement rescapé des camps, avait été abattu et remplacé par un SS à la libération.

Si mon but l’an dernier était d’atteindre la barre fatidique des 50.000 mots, j’avais cette fois pour objectif de mettre un point final à mon roman. C’est chose faite, mission réussie donc, en évitant pas mal des écueils que je m’étais pris l’an dernier, même si je n’ai toujours pas réussi à écrire régulièrement tous les jours.

J’ai rassemblé les éléments importants de ce NaNoWrimo 2011, entre ce qui a bien marché, ce que je devrais

J’ai essayé de rassembler les trucs qui ont été, ceux dont je devrai me méfier l’an prochain, et quelques conseils pour ceux qui voudraient se lancer ou qui peinent à réussir leur NaNoWriMo.

The good

1. J’ai perdu très peu de temps

L’an dernier, il m’avait fallu 19 jours pour atteindre 50.000 mots en écrivant plus ou moins tous les jours, mais également en perdant beaucoup de temps entre blocages et procrastination, notamment sur le canal IRC du NaNoWriMo France. Cette année, j’ai atteint les 50.000 mots le 15 novembre, mais en n’ayant touché à mon manuscrit que 10 jours.

Wordcount NanoWrimo

2. Pas de blocage dans mon écriture

Contrairement à l’an dernier, je ne suis jamais resté des heures devant une scène sans arriver à l’écrire. Je savais à peu près où aller, j’avais découpé les 8 premiers chapitres avant de commencer le mois de novembre en 3 à 5 scènes chacun, et quand je ne sentais pas une scène, je passais à la suivante pour revenir en arrière quelques heures ou quelques jours plus tard. De ce point de vue, l’utilisation de Scrivener pour structurer mon travail a été un plus non négligeable.

3. Pas de déviation hasardeuse de mon récit

Cette année, mon histoire n’a pas du tout dévié de ce que je m’étais fixé, même dans les moments d’écriture intensive où l’imagination a tendance à prendre le pas sur la raison. Résultat : pas de situations impossibles desquelles il va falloir tirer les personnages, assez peu d’incohérence dans le déroulé du récit (il y en a ailleurs…), donc moins de travail de fond lors de la reprise du roman.

The bad

Quelques petites choses que je pourrais améliorer :

1. Le manque de régularité

Cette année encore, j’ai énormément manque de régularité. J’ai du mal à la fois à planifier le temps que je vais consacrer à l’écriture, et le temps qu’il me faudra pour rédiger chaque scène. Résultat : une écriture en dents de scie, et des moments où je peux soigner mon style, et d’autres au contraire, où je fais de l’abattage. Il faut que je reprenne l’habitude d’écrire afin de prévoir mon rythme.

2. De grosses incohérences dans l’univers

J’avais préparé les fiches de personnages, certaines parties de l’univers, mais j’avais négligé deux parties importantes : le milieu bancaire en France et en Allemagne à la fin du XIXème et au début du XXème siècle d’une part, et l’évolution du Chili depuis la fin de l’ère Pinochet d’autre part. Résultat, plusieurs chapitre à réécrire entièrement pour les adapter à la réalité historique, géographique et économique.

3. Un léger manque d’action

Mon histoire qui exige que le héros reste plus ou moins caché pendant la moitié du roman, et le parti pris du style à la première personne du singulier rendent le récit un peu plat. Je ne peux notamment pas faire agir des personnages hors du regard du héros. J’ai pourtant découpé les scènes à l’avance, mais je me rends compte qu’elles sont longues, et finalement insuffisantes.

The ugly

Si je ne devais garder que trois conseils de mes deux expériences du NaNoWriMo, ils seraient :

1. Ne restez pas tout seul.

Participez aux write ins – des rassemblements durant lesquels on avance son roman – qu’ils soient en ligne ou non. Le fait d’être entouré de gens qui comme vous galèrent, avancent pas à pas, et vous encouragent est d’une aide inestimable.

Profitez des word wars, des séances d’écriture chronométrées de 15, 20, 30 ou 45 minutes durant lesquelles vous avancez sur votre manuscrit. Ce qui importe, c’est d’arriver jusqu’au bout, vous ferez un truc lisible plus tard. Notez à chaque fois le nombre de mots effectués, vous verrez votre courbe de progression augmenter à mesure que le mois avance.

L’aspect communautaire et les séances d’écriture de groupe aux apparences d’alcooliques anonymes Bonjour, je m’appelle Frédéric, j’en suis à 31337 mots, et aujourd’hui je n’ai écrit que 1337 mots, les encouragements des unes et des autres, sont un formidable catalyseur de motivation. C’est assez formidable de pouvoir avancer avec des gens qui ont la même passion et le même but que vous, pour ne pas dire irremplaçable.

2. Ne faites pas attention au rythme des autres

Certaines personnes écrivent depuis des années et ont un rythme de frappe hallucinant, d’autres au contraire ont du mal à aligner trois phrases, mais cela ne veut pas dire qu’elles n’arriveront pas au bout des 1667 mots quotidiens. Ne prêtez pas attention aux Ferraris, ces gens qui écrivent plus de 1000 mots toutes les 15 minutes en fermant les yeux parce qu’ils font moins de fautes et vont plus vite quand ils ne voient pas ce qu’ils écrivent. C’est rigolo au début, crispant à mis parcours, et insupportable quand vous avez 15.000 mots de retard.

Évidemment, toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé serait vraiment un gros manque de bol.

3. Prenez de l’avance quand vous pouvez, mais sans vous dégoûter.

N’hésitez pas à prendre de l’avance, notamment le premier week-end, histoire de capitaliser pour les jours où vous ne pourrez pas écrire, où la motivation ne sera pas au rendez-vous… Profitez des week-ends et des premiers jours pour avancer votre manuscrit, mais n’écrivez pas jusqu’à la nausée, au risque de passer les trois semaines suivantes loin de votre roman. Le but est d’arriver à point, de préférence pas trop essoufflé.

Conclusion

J’ai avalé ce NaNoWriMo 2011 à une vitesse folle. Contrairement à l’an dernier, je n’ai pas vu du tout passer le mois de novembre, et j’ai eu l’impression qu’écrire ce roman – auquel je n’ai toujours pas trouvé de titre – avait été très facile.

Contrairement à l’an dernier, je ne me sens ni dégoûté ni saturé, et je n’éprouve aucune fatigue d’écriture, au point que je songe à reprendre mon roman dès que LeWeb sera passé. À moins que je choisisse de terminer celui de l’année dernière.

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