En termes de planification, la maintenance évolutive d’un projet web est toujours la plus délicate à mettre en place. D’abord parce qu’elle ne participe pas du cycle de développement normal de ce dernier, mais de son cycle d’exploitation, elle risque donc interférer avec celui-ci. Ensuite parce qu’elle fait souvent participer de nombreux intervenants de culture différente, aux intérêts parfois divergents au sein d’une même structure. Enfin parce qu’elle répond souvent à des impératifs extérieurs qui la rendent difficile, sinon impossible à planifier.

Après confier la maintenance de ses projets web et Les cycles de maintenance collective, ce troisième volet de notre série sur la mise maintenance des projets web vous invite à vous intéresser à la maintenance évolutive.

La maintenance évolutive ?

Expliquer la notion de maintenance évolutive à quelqu’un qui ne connaît pas le cycle de vie d’un projet web revient souvent à poser pour la première fois ce classique des devinettes surréalistes :

- Quelle est la différence entre un canard ?
- Il a les deux pattes pareilles surtout la gauche.

La maintenance évolutive est donc l’ensemble des évolutions – logique jusqu’ici – apportées à un projet web en dehors de son cycle de développement. En gros, on fait évoluer, mais en dehors du cycle menant d’une version V à la version V+1.

La maintenance évolutive concerne généralement 3 aspects de la vie d’un site ou d’une application web :

  • Le contenu
  • Les fonctionnalités
  • L’aspect cosmétique

Le contenu

Sur certains sites, l’ajout, la suppression et la mise à jour du contenu représentent la quasi totalité de la maintenance évolutive, et accessoirement, 120% des problèmes qui y sont liés. Cela est notamment du aux processus parfois très lourds qui accompagnent la production de contenu éditorial, auxquels viennent s’ajouter les problématiques politiques de l’émetteur.

Les fonctionnalités

Une des premières choses que j’avais pointée dans l’introduction à cette série d’articles était la nécessité de faire vivre son site, que ce soit par l’ajout et la mise à jour de contenus, ou, même minimes, de fonctionnalités.

On m’a un jour demandé pourquoi ajouter des fonctionnalités entre les versions. C’est une très bonne question, et je vous remercie de ne pas me l’avoir posée. J’y vois 3 raisons principales :

  • Parce que les besoins ont évolué depuis la mise en chantier du site ou de l’application et qu’il faut en tenir compte. Après tout, c’est à ça que sert la maintenance, mettre en place ce à quoi l’on n’avait pas pensé.
  • Parce que le contexte l’exige, par exemple à l’occasion d’une campagne marketing.
  • Après des retours d’utilisation, que ce soient de testeurs qualifies ou des utilisateurs ordinaires de l’application.

L’avantage des fonctionnalités sur le contenu, c’est qu’elles présentent une facette beaucoup moins politique, tant qu’elles ne permettent pas de produire de contenu non contrôlé, notamment par la communication externe, évidemment.

L’aspect cosmétique

Les évolutions cosmétiques d’un site ou d’une application en mode maintenance doivent toujours être limitées et réfléchies. La charte graphique est en effet le premier élément vu par les visiteurs, c’est pourquoi elle doit servir deux objectifs :

  • Accompagner une opération contextuelle, comme Noël, les grandes vacances, une opération marketing… notamment par une iconographie claire et adaptée.
  • Améliorer l’expérience de navigation.

Il serait évidemment facile de débattre sur le sujet pendant des heures, mais ce n’est pas mon sujet aujourd’hui. Peut être la prochaine fois.

Planifier ses évolutions

90% du travail que vous aurez à fournir dans le cadre de la maintenance évolutive de votre site ou application web tiendra de la coordination entre les différents services de votre société. Vous aurez certainement à faire travailler ensemble des entités qui s’évitent généralement le plus possible : IT et marketing, IT et communication institutionnelle… à croire que tout le monde cherche à éviter l’IT.

Si vous avez la possibilité de planifier les évolutions un tant soit peu à l’avance, profitez-en pour remplir le tableau croisé des évolutions et des intervenants. Inutile pour l’instant de vous jeter sur votre soft favori pour générer un beau diagramme de Gantt, ce n’est pas du tout le moment. Il s’agit juste de vous permettre d’anticiper. Ce tableau, trouvé dans l’excellent Web Redesign 2.0 est d’une simplicité élémentaire… et pourtant !

  • Sur les lignes : la liste des évolutions planifiées dans le temps, avec leurs dates limites.
  • Dans les colonnes : la liste des intervenants dans leur ordre d’entrée en scène, avec dans le meilleur des mondes possibles© la date limite de rendue de leur copie. On peut toujours rêver.

Afin d’éviter de vous planter en beauté, partez d’un principe élémentaire. Même si vos interlocuteurs possèdent un blog, un compte Facebook, et, qui sait, peut être même un compte Twitter, ils n’ont probablement aucune culture du web, et encore moins une culture projet. Tout en étant évidemment persuadés maîtriser ce domaine si simple. Finalement, rien de nouveau sous le soleil.

La Seine depuis le pont des arts en HDR

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: