Depuis cinq ans que je m’occupe de gestion de projets, je pense avoir largement fait le tour des outils de suivi de code et de bugs disponibles sur le marché. Entre produits pas ou mal finis et usines à gaz qui fait tout sauf le café, le choix est pléthorique, et souvent bien décevant.

En bêta privée depuis une dizaine de jours, Play Nicely est un énième service de suivi de projets informatiques qui considère que, puisque coder est fun, gérer du code devrait l’être également. Il a été créé par Adam Charnock, Rob Hudson et mon amie Basheera Khan. Play Nicely s’appuie sur une limitation des fonctionnalités, une expérience utilisateur agréable et une interface sympa pour rajeunir la gestion de projets et le bug tracking.

Play nicely

Si le parti pris est intéressant, il est également discutable. Coder est fun tant qu’il s’agit d’ajouter des fonctionnalités. Dès qu’il s’agit de corriger ses bugs ou de revenir sur de l’ancien code, ça devient tout de suite plus laborieux. Cela dit, je trouve grands chantiers refactoring à coup de bulldozer au moins aussi marrants que l’ajout de nouvelles fonctionnalités dès lors que l’on dispose d’une bonne couverture de tests pour assurer ses arrières. Partant de ce principe, proposer un outil de gestion de projets intuitif utiliser et à l’interface agréable devrait rendre le travail de gestion plus agréable.

Mais qu’en est-il réellement côté produit ?

Une fois obtenu le précieux sésame, l’inscription à Play Nicely est extrêmement simple : login, nom, email et mot de passe – pas de confirmation – vous accédez à votre compte. L’application ne propose pas d’authentification via OAuth, ce qui est un peu curieux pour un outil définitivement destiné aux techniciens, alors qu’il force l’utilisation de Gravatar pour les photos de profil. Manque de bol, le mail que j’ai utilisé pour Play Nicely n’est pas lié à un quelconque système d’avatar, et je me retrouve donc avec la photo toute moche par défaut.

Inscription à Play Nicely

Si l’interface demande une première lecture pour être totalement appréhendée, la séparation des différents éléments est extrêmement claire, et donne le sentiment que chaque chose est à sa place. Certains éléments pourraient être revus afin de rendre l’interface plus fluide, mais le produit rend une impression générale très agréable, ce qui tombe bien puisque ça en est le but.

La prise en main de l’outil est facilitée par un didacticiel en sept étapes très bien conçu. À travers un premier projet, Play Nicely vous invite à découvrir l’application en y effectuant les actions les plus courantes. Moins de deux minutes après votre arrivée, vous êtes prêts à gérer un projet sans jamais avoir à vous reposer de questions.

Prise en main de Play nicely

L’application est essentiellement divisée en deux parties : le Playground d’une part, qui rassemble les roadmap et les tâches du projet en cours sur un seul écran, un peu à la manière d’un Doris, et un lifestream.

Bien qu’il propose des options de filtrage, je ne suis pas du tout fan des lifestreams sur les outils de gestion de tickets pour en avoir utilisé notamment avec Jira. Chaque modification d’une tâche remonte dans le lifestream rendant ce dernier sont inexploitable. Il s’agit plus à mon sens d’un effet de mode que d’une réelle volonté de faciliter le suivi du projet, et un simple tableau d’avancement des tâches est beaucoup plus efficace.

En parlant des tâches, elles sont vraiment au coeur de Play Nicely. Et là, première grosse déception : il m’a été impossible de créer des tâches non associées à une milestone. Résultats, j’ai du créer une milestone “à blanc” pour y mettre tous les éléments que je souhaitais incorporer plus tard. Côté interface, les tâches se créent très simplement au sein de la milestone associée, et peuvent se réordonner très simplement en drag and drop. Rien d’extraordinaire en 2010, mais cela a le mérite d’être simple.

L’édition des tâches est la partie que j’ai trouvée à la fois la mieux réalisée et la plus brouillon. L’interface est atrocement mal foutue et vous aurez du mal à comprendre comment gérer vos tâches. L’édition de la description et les commentaires devraient être sur 2 pages différentes, et les détails de la tâche devraient être tout en bas car jamais modifiés ou presque.

Et pourtant, l’édition de tâches présente aussi des côtés assez géniaux. Je suis définitivement fan du choix de l’état de la tâche sous forme de chemin de fer, et de la possibilité de faire des liens vers d’autres tâches simplement en en mentionnant le nom dans le corps de la description et du commentaires sous la form “task X”. Choisir si l’item est une tâche ou un bug se fait en un seul clic, et les deux sont différentiés graphiquement à l’écran. Une très grande réussite pour ces petits détails.

Détail d'une tache Play Nicely

À ce stade, pourquoi ne pas quitter mon bug tracker habituel et passer sur Play Nicely ? D’abord parce qu’il lui manque encore une fonctionnalité fondamentale : pouvoir se brancher sur un dépôt de code, de préférence Git, pour suivre les commits et les assigner à des tâches. C’est visiblement en cours de développement si j’en crois leur site, mais définitivement un show stopper pour moi. Ensuite parce que l’interface a un côté “fun” auquel il manque l’impression de solidité et de stabilité qu’on attend généralement d’un tel soft.

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