Intéressante discussion en sortie de réunion avec un directeur artistique avec lequel je suis amené à travailler cette semaine. Double avantage de travailler avec des indépendants : je rencontre tout un tas de gens très enrichissants aux parcours très divers et j’en profite en plus pour élargir mon réseau. J’ai profité de mon voyage de retour pour approfondir un peu la réflexion.

Le constat de départ était que des sociétés dans des domaines pourtant improbables – bâtiments / travaux publics, restauration d’entreprise, voirie… – commençaient à utiliser le médium web comme des éléments de la communication interne au point de consacrer une attention croissante à l’ergonomie et au design de leurs applications internes. L’outil n’a plus seulement un rôle utilitaire, l’utilisateur doit avoir envie de s’en servir, le trouver agréable, convivial, et intuitif. Le fonctionnel se plie aux processus métier, qui se plient eux-même à une certaine logique et un certain bon-sens, ce qui n’est pas plus mal.

Si on peut aujourd’hui voir de nombreuses campagnes de communication 100% online, le contraire est devenu, en à peine 2 ou 3 ans, impensable. Si le médium internet présente de nombreux inconvénients et pose de nombreux problèmes, ses avantages sont incomparables. Je parle d’ailleurs à dessein d’Internet et non du web car les campagnes de communication utilisent aussi des canaux comme la messagerie instantanée ou le courrier électronique. La dématérialisation permet une propagation presque gratuite et sans précédent du message. L’utilisation de services communautaires – Youtube, Flickr – en plus des espaces vendus par les régies de publicités assure une visibilité au message qu’il n’aura jamais hors ligne. À l’heure où je lis quotidiennement des slogans comme “publicité, pollution mentale” dans les couloirs du métro, je citoyen n’a jamais été aussi pressé de propager la bonne parole, et les blogs et autres sites d’information y sont certainement pour quelque-chose. À titre d’exemple, je remarquerai juste que 27% des 465 blogs que je lis – journaux, sites professionnels et semi professionnels confondus – ont relayé aujourd’hui d’une manière ou d’une autre l’annonce faite par Google au sujet de sa suite bureautique en ligne. Plus l’événement est propagé, et plus la propagation s’amplifie de manière exponentielle. On parle alors de Buzz La raison en est simple : le relais d’informations est une manière simple et efficace de fournir le contenu d’un site sans pitié aucune pour le rapport signal / bruit. Je rappellerai à ce titre l’existence d’excellents services de favoris en ligne dont le flux RSS pourrait facilement servir de contenu à de nombreux blogs que croise régulièrement, permettant ainsi de relayer plus efficacement l’information originale ou les analyse pertinentes sans tout le bruit autour.

L’autre tendance intéressante vient du fait que, quand il ne pousse pas à un achat immédiat en boutique, l’utilisation de média non électroniques cherche désormais à renvoyer la cible vers un site web, le but étant soit la vente directe, soit l’inscription à un site offrant quelques avantages réels ou virtuels. Le but ultime étant bien sûr la collecte de vos coordonnées dans de pratiques fichiers clients.

Et demain ?

De nouveaux moyens apparaissent déjà afin de conduire le client potentiel à acheter ou déposer ses coordonnées sur un site, et d’autres vont certainement apparaître très rapidement. J’en ai principalement deux en tête :

La téléphonie mobile

Je suis convaincu depuis longtemps que l’avenir d’Internet se trouve dans la mobilité. Jamais le terme d’ubiquité n’aura été utilisé avec autant d’à propos : où que je sois, je peux accéder à l’ensemble de mes services en ligne depuis mon terminal portatif.

Le téléphone mobile sera donc le prochain relais des campagnes d’information et de publicité. Je songe notamment à un service de SMS sur numéros à 5 chiffres au coût pris en charge par l’opérateur et présents sur l’ensemble des affiches et encarts publicitaires permettant de se faire envoyer un lien vers le site web communautaire d’une campagne de publicité. À l’instar d’envie de plus, l’inscription permettra d’obtenir des réductions sur le ou les produits visés. Le principe existe d’ailleurs déjà au moins en Angleterre où l’envoi d’un SMS (surtaxé) permet d’obtenir le lien de téléchargement d’une sonnerie de mobiles. Le groupe britannique Pet Shop Boys l’a mis en application avec succès pour son dernier single Numb.

La télévision interactive

À l’heure des media center combinant magnétoscope numérique, accès à la télévision haute définition, la vidéo à la demande et à Internet, la prochaine étape me semble être la télévision interactive. Qu’est-ce qui pourrait empêcher dans un avenir proche l’envoi d’un signal numérique durant les spots de publicité, lequel, décodé par le media center permettra d’accéder au site de la campagne d’une simple touche sur la télécommande.

Dans le même genre d’idées, on pourrait tout à fait imaginer des chaînes de télé achat entièrement financées par les marques, avec un système d’achat d’un simple coup de télécommande, ou même des chaînes de télévision me permettant de gagner de l’agent en pay per click : chaque fois que je m’inscris sur un site depuis un spot de publicité, et donc que je laisse mes coordonnées à une entreprise qui se fera une joie de me rappeler, je suis rétribué par la régie qui elle-même facture au client. Le tout évidemment avec de la publicité contextuelle en fonction des programmes que je regarde habituellement. Big Brother is watching you, 1984 n’a jamais été aussi proche.

Et vous, que pensez-vous de l’avenir des média utilisés dans le relais des campagnes de communication ?

station les saules, Orly

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