Love and Politics (1912)

(ben oui, syndique partout, publie nulle part, ça ne voulait pas dire grand chose)

81% des services Web sur lesquels j’ai ouvert un compte depuis 2006 ont fermé moins de 7 ans plus tard.

Ce week-end, je reprenais ma réflexion entamée avec l’annonce de la fermeture de Google Reader, la réappropriation de mes données, les silos, les limites de l’auto hébergement, et les moyens d’en sortir de manière pragmatique, c’est à dire loin du branlage de nouille intellectuel d’un Web communautaire autogéré dans lequel tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, tout le monde il vit d’amour, d’eau fraiche, et personne il paye pour les infrastructures et la bande passante.

Ça, c’est dit.

Je suis parti de trois postulats de base.

Si l’on excepte que ce soit un truc de technicien, donc de spécialiste, l’auto hébergement trouve sa limite dans l’interaction avec autrui. Je peux facilement héberger mon blog, mes mails, ma galerie photo, mon calendrier partagé… mais les choses deviennent beaucoup plus compliquées dès qu’il s’agit d’entrer en contact avec autrui, que ce soit pour le partage, la découverte, et tout ce que l’on englobe dans le Web social au sens large, même si cette terminologie me déplait. Twitter, Facebook, Instagram, Flickr, Google+ sont des lieu de partage, des caisses de résonance qui permettent à l’information de circuler et être découverte : sur le Web, personne ne vous entend crier.

Ses silos rendent le Web social broken by design, mais si l’on ne veut pas s’isoler des autres utilisateurs, il faut faire avec. Pour gagner de l’argent, toutes ces plate-formes gratuites ont besoin d’une monnaie d’échange, c’est à dire de (nos) données. Concrètement, cela se traduit par la création d’un compte pour chaque utilisateur, et des interactions très limitées avec l’extérieur. La vraie valeur de Facebook, c’est que les utilisateurs n’ont pratiquement plus besoin de surfer ailleurs.

Nos données ont une durée de vie égale à la disponibilité des services qui les hébergent, c’est à dire pas longtemps. Facebook, Twitter, et Flickr pour ne citer qu’eux ont moins de 10 ans. Les services qu’ils ont remplacé ont depuis longtemps disparu de nos mémoires, en même temps que les données que nous y avions entreposées. Sur les 127 comptes ouverts depuis 2006, seuls 24 ont survécu, et tous n’offrent pas un moyen d’exporter ses données.

C’est là qu’intervient POSSE, un concept que je suis depuis un moment via les tweets de Tantek Celik : Publish Own Site, Syndicate Everywhere (publiez chez vous, syndiquez partout).

Cela fait quelques années que nous réfléchissons en termes de réappropriation des contenus publiés sur le Web social ; POSSE prend le problème à l’envers, si je puis m’exprimer ainsi, puisque c’est notre approche du problème qui allait à l’encontre d’un Web indépendant.

Contrairement à beaucoup de délires auto gestionnaires que j’ai pu lire ces dernières années, POSSE ne se pose pas en alternative aux silos et services du Web social. Il ne s’agit pas tant de déserter Facebook pour Diaspora ou Twitter pour Identi.ca que de changer notre manière de les envisager.

Je publie chez moi, puis je syndique chez les autres. Je profite des API créées par ces services afin d’agrandir leur écosystème pour élargir mon écosystème. Je ne dépends plus d’eux pour le stockage / la publication de mes contenus, avec la durée de vie que l’on sait, je les rends dépendants de moi.

Pragmatique. Pratique. Durable tant que ces services disposent d’API ouvertes. Le jour où ils se tirent une balle dans le pieds, pas de soucis, je pars syndiquer ailleurs.

Et ce n’est pas tout.

POSSE ne m’intéresse pas qu’au niveau de la propriété des données. La possibilité d’unifier l’expérience utilisateur que j’ai sur le Web au sein de mes outils est une donnée non négligeable, d’autant qu’avec l’âge, j’ai tendance à tout recentraliser là où j’ai longtemps choisi de déléguer.

Pour l’implémentation, il existe déjà pas mal de choses sur le compte Github (sic) de l’Indie Web Camp. Si la plupart des bibliothèques sont en PHP, il existe des extensions pour votre navigateur qui permettent de remplacer le bouton “répondre” des silos.

Pour ma propre utilisation, je vais probablement devoir modifier les outils que j’utilise quotidiennement, mais comme ce sont des logiciels libres, ça ne devrait pas poser de problèmes.

J’ai déjà plusieurs axes de travail :

  • Créer une section à part sur ce site afin de créer les contenus que je syndiquerai sur Twitter avec une classification chronologique.
  • Remettre en place un raccourcisseur d’URLs qui me permettra de garder une trace des contenus publiés ailleurs.
  • Mettre en place une galerie photos avec republication sur ma galerie Flickr / 500px.
  • Implémenter les Web mentions.

Je pars à la fin de la semaine pour un mois de vacances, ça devrait m’occuper les jours de pluie.

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