L’ancée le premier janvier 2011 la campagne Chrome, le navigateur rapide de Google se décline sur les murs des gares et du métro parisiens sur le thème de la frustration ressentie quand un Web trop lent nous pourrit la vie. Quoiqu’un peu caricaturaux, les exemples choisis – voyage dont les tarifs doublent le temps de recharger une page, photos compromettantes que l’on n’a pas le temps de détagger sur Facebook… – sont suffisamment proches du quotidien pour que les passants se sentent interpellés.

Google Chrome

Ce n’est pas la première campagne d’affichage de Chrome à Paris – c’est même la troisième si je ne m’abuse. Cependant, cette offensive publicitaire sonne comme l’aboutissement d’une stratégie en trois bandes, doublée de la révélation au grand public d’un positionnement qui n’avait pas pu échapper aux professionnels du Web : grâce à Google, le Web est devenu plus rapide.

Google a toujours positionné Chrome sur le thème des performances : rapidité de son moteur Javascript, utilisation d’un processus par onglet – qui permet aux pages consommant trop de ressources de ne pas bloquer le reste du navigateur. Bien que très techniques, ces artifices donnent l’impression que les pages se chargent plus rapidement avec Chrome, même si ce n’est pas toujours vrai.

Tout cela ne s’est pas fait en un jour.

Il y a près d’un an, Google a lancé une importante campagne d’incitation à l’optimisation des performances des sites Web. Concrètement, celle-ci s’est traduite par la prise en compte du temps de chargement des pages dans le positionnement des site. Afin d’aider les éditeurs de sites Web, Google a sorti plusieurs outils : extension Firefox Google Pagespeed, statistiques des temps de chargement dans les Google Webmaster Tools, et le prometteur mod_pagespeed dont la version actuelle est malheureusement loin d’être utilisable en production.

Avec cette campagne, Google prend surtout le contrepied de Micosoft et Mozilla, qui ont joué à fond la carte de la sécurité respectivement pour Internet Explorer 8 et 9, et pour Firefox 2 et 3.

Attentats, campagne électorale, alcool au volant, phishing… la sécurité est devenue depuis dix ans un thème tellement récurrent qu’on se prend parfois à se demander à se demander si les menaces sont réelles ou non. En positionnant Chrome sur le thème de la sécurité, Google n’aurait fait qu’emboiter le pas à ses concurrents sans afficher de réel facteur différentiant. D’autant que la sécurité est un sujet généralement ennuyeux aux yeux du grand public. S’il en comprend parfois les enjeux – personne n’a envie de se faire débiter d’argent sur son compte – les réactions sont parfois assez hallucinantes, tel ce client qui m’annonçait oh, moi je m’en fous, si ça m’arrive, je porte plainte auprès de ma banque et ils me remboursent. Elle doit donc s’intégrer au navigateur, mais de manière totalement silencieuse afin de savoir se faire oublier dans l’expérience de navigation. Google n’a pas oublié la sécurité, et les pages d’alerte de Chrome sont suffisamment visibles pour nous le rappeler.

Afin de gagner des parts de marché, Google devait se positionner sur un segment propre à faire changer les habitudes des internautes. Alors qu’Amazon nous révèle qu’une demi seconde de temps de chargement en plus équivaut à 10% d’abandon de panier en plus, la rapidité, et donc le confort de navigation étaient probablement le positionnement le plus efficace. D’autant que les sites Web avaient eu 9 mois pour s’y préparer.

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