Le jeu de go

Tout le monde devrait jouer au go au moins une fois dans sa vie ; les entrepreneurs devraient y jouer bien plus souvent.

Même si je n’ai plus autant de temps à y consacrer qu’il y a 10 ans, ce jeu, un des plus anciens qui soient n’a jamais cessé de me fasciner en ce qu’il combine des règles d’une déconcertante facilité et une complexité qui fait qu’il faudrait 1000 vies pour en voir le bout.

Pour les entrepreneurs, ou ceux qui rejoignent une startup, il concentre ce qu’ils auront à affronter tout au long de la vie - et de la mort - de leur entreprise.

Au go, les deux joueurs doivent conquérir un espace vital sur un plateau, ou goban de taille limitée. S’ils parviennent à vivre, il leur faudra encore pour gagner conquérir un espace plus grand que celui de leur adversaire.

Le goban, c’est l’allégorie du marché. Quand on attaque un marché, il a une taille maximum, et forcément limitée. L’adversaire, ce sont les concurrents, à qui il faudra prendre des parts de marché pour survivre. Une entreprise peut vivre avec une très petite part de marché, mais cela ne suffit pas pour gagner.

La taille du goban fait que toute action a un effet à la fois local et global, et chaque fois, c’est très proche de la gestion d’une startup.

Il y a l’action locale, comme les décisions sur le produit, le support à assurer, le management des équipes. Mais chaque fois, cela a des conséquences beaucoup plus larges : les clients mécontents peuvent partir chez la concurrence, les équipes mal gérées peuvent s’en aller…

Et puis il y a les choses globales. J’entends souvent dire qu’il est important de négliger la concurrence pour se concentrer sur ce que l’on a de diffèrent. Dans tous les cas, les mouvements de l’adversaire sont importants. Se protéger d’une attaque locale ne doit pas empêcher de se consolider globalement, si l’on ne veut pas mourir faute d’espace vital.

Et puis il y a le momentum, ce petit truc qui fait qu’on sort une feature au bon endroit au bon moment, qu’on place une pierre qui, en connectant les groupes, permet de s’assurer une victoire éclatante.

J’entends souvent dire qu’un baby foot ou une table de ping pong est le signe d’une culture d’entreprise décontractée. Avoir un goban au bureau rentrerait presque dans la case “vital”.

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