Apple annoncera demain la sortie d’une tablette tactile, c’est quasiment certain. Celle que beaucoup comparent déjà à un gros iPhone est attendue, si ce n’est comme le Messie – c’est le rôle de Steve Jobs – au moins comme la révolution dans les outils de communication. En 2002, quand Microsoft a sorti sa tablette tactile avec Compaq, la seule chose qui m’avait retenu de l’acheter était l’impossibilité d’y installer une distribution Linux, absence de drivers oblige. Prix, autonomie, absence de débouchés, le Tablet PC avait alors fait un flop. Huit ans plus tard, les pratiques ont évolué. L’iPhone a fait rentrer le tout tactile et l’Internet mobile dans les moeurs du grand public, et peut-être somme nous enfin prêts pour le retour de la fameuse tablette tactile, en tout cas, moi, je le suis. Mais pour quels usages ?

Quand Olivier Seres m’a présenté Blumpit, nous avons eu de nombreuses discussions sur l’utilisation d’une tablette tactile, conversations poursuivies avec Ewan Spence autour de son Psixpda lors de la conférence LeWeb09. Il existe à mon sens trois débouchés pour un tel produit.

Un débouché domestique spécialisé, comme le Cooq, cette tablette tactile qui vise à remplacer le Ginette Mattiot dans nos cuisines. L’objet est solide, pratiquement étanche afin de résister aux éclaboussures et aux coups d’éponge post utilisation, et prévu pour une fixation murale comme pour rester sur la table. N’ayant pas eu l’occasion de le tester, je ne vous donnerai pas mon avis sur la partie logicielle, mais le matériel, au moins, semble remplir son rôle, tant par les spécifications que par l’aspect. Ce n’est évidemment pas à ça qu’est destinée la tablette tactile d’Apple. On voit mal la firme de Cupertino sortir un produit destiné à rester dans la cuisine. Le produit Apple est par essence beau, et doit être montré.

Cooq

Il y a ensuite l’utilisation domestique généraliste qui rangera définitivement le vieux PC au placard et dans les bureaux. La tablette tactile sera un bel objet destiné à rester sur la table basse du salon. Reliée à Internet en Wifi, il lui faudra un clavier tactile suffisamment sensible pour ne pas gêner la frappe quand l’utilisateur voudra envoyer des e-mail, discuter sur Facebook, ou rentrer les informations de livraison de ses courses sur un e-supermarché. La Webcam intégrée permettra de relancer le mythe du visiophone, autre flop retentissant à la fin des années 90.
Évidemment, Apple adaptera la partie logicielle afin de la rendre compatible avec le doube touch et l’absence de souris. Je m’attends donc à l’annonce conjointe d’iLife 10, et d’une nouvelle offre Mobile.me. Safari devrait proposer le Coverflow par défaut, afin de permettre une navigation au doigt plus aisée dans l’historique et les favoris. La tablette sera compatible avec les logiciels Mac Intel traditionnels, mais Apple ouvrira également un nouvel App Store dédié proposant des applications spécifiques… et validées par Apple, afin de proposer dès le début un écosystème logiciel le plus large possible, ludique, éducatif, culturel ou bureautique. J’ai malheureusement bien peur que la tablette tactile d’Apple soit cantonnée à cet usage strictement domestique, sauf si…

iSlate, par Dustin Curtis

Photo prise chez Dustin Curtis.

Sauf si Apple propose le support d’une carte SIM et de la 3g, faisant de sa tablette tactile l’outil de travail nomade par excellence. Celle-ci serait proposée avec un support permettant de la tenir debout, et serait compatible avec un clavier BlueTooth pour les jours de nomadisme. Même sans ces deux derniers éléments, je crois que j’achèterais la bête sur plan… L’hypothèse n’est d’ailleurs pas complètement idiote depuis l’annonce d’Orange comme quoi ils commercialiseraient une tablette tactile fournie par Apple.
Après tout, et c’est la grande force du (non) marketing d’Apple, il n’est pas interdit de rêver non ?

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