microformatsEntre mon intervention hier à la troisième édition du BarCamp Paris et ce matin sur le canal de discussion #openweb, j’ai du répondre un certain nombre de questions à propos des Microformats. Je les ai rassemblées ici, et elles tiendront lieu de compte-rendu de l’atelier Microformats.

Que sont les Microformats ?

La liste de discussion consacrée au sujet définit les microformats comme étant de simples conventions pour incorporer la sémantique dans le HTML afin de permettre un développement décentralisé..

Une définition plus complète dit :

Les microformats sont de simples conventions pour incorporer une syntaxe sémantique pour un domaine spécifique dans des documents (X)HTML/XML documents lisibles par des humains, des fils Atom/RSS et du XML “clair” qui normalisent les modèles existants d’usages des contenus en utilisant des noms de classes brefs et descriptifs souvent basées sur des standards existants interopérables pour permettre un développement décentralisé de ressources, outils et services.

Les Microformats ont pour objectif de pallier à la carence sémantique du XHTML et du XML en se focalisant sur la résolution de problèmes simples de la manière la plus simple possible. Le XHTML et le XML servent en effet à structurer un document, mais ils ne donnent pas d’indications sur le contenu du document lui-même. Les outils comme les scripts automatisés, les moteurs de recherche, ou même les navigateurs web n’ont pas de renseignement sur ce que contient le document, encore plus lorsqu’ils s’agit d’images ou de films, et la barrière de la langue n’arrange pas les choses. Les Microformats cherchent tout simplement à pallier à cette carence.

Qu’est-ce que vous appelez “des problèmes simples” ?

Le mieux pour l’expliquer est de partir d’un exemple concret : si je parle sur ce blog de la conférence Paris Web 2006, qui aura lieu 216 boulevard Raspail 75014 Paris les 21 et 22 septembre 2006 (publicité totalement gratuite pour LA conférence web de la rentrée, je ne pourrai malheureusement pas y aller, trop de travail à ce moment là de l’année), il peut être intéressant que le lecteur de ce blog puisse entrer ces informations dans son calendrier électronique sans avoir à saisir toutes ces informations. Pour cela, il faut que, d’une manière ou d’une autre, ce document XHTML soit en mesure de dire au navigateur “attention, ce document contient des informations relatives à un événement”, et que le navigateur – ou le script qui parcourt cette page reconnaisse et exploite ces informations, et ce quelle que soit la langue de la page, et du visiteur. C’est ce que se proposent de faire les Microformats.

Comment ça marche ?

Les Microformats se basent sur des standards largement répandus : le XHTML et le XML, le but étant une propagation la plus importante et la plus rapide possible sans réinventer le web ni créer de nouveaux langages. Ils utilisent les propriétés class=, title=, rel= et ref= pour insérer leurs données.

Par exemple, le Microformat visant à indiquer l’événement cité plus haut se présente sous cette forme :

    <span class="vevent">
        <a href="http://www.parisweb2006.org/" class="url">
            <span class="summary">Paris Web 2006</span>
        </a>
        qui aura lieu
        <span class="location">
            216 boulevard Raspail 75014 Paris
        </span>
        les
        <abbr class="dtstart" title="2006-09-21">21</abbr> et
        <abbr class="dtend" title="2006-09-22">22</abbr> septembre 2006
    </span>

span class="vevent" indique que l’on rentre dans la définition d’un événement. Les informations contenues dans ce span concerneront l’événement en cours. a class="url" indique que ce lien contient l’url spécifiquement associée à l’événement. span class="summary" contient le descriptif de l’événement. span class="location" indique le lieu de l’événement. abbr class="dtstart" title="2006-09-21" contient l’indication qu’il s’agit de la date de départ de l’événement ; la date elle-même est contenue dans l’attribut title abbr class="dtend" title="2006-09-21" contient l’indication qu’il s’agit de la date de fin de l’événement ; la date elle-même est contenue dans l’attribut title

Comment je peux les utiliser ?

À l’heure actuelle, le seul navigateur reconnaissant les Microformats en standard est Konqueror, le navigateur par défaut du projet KDE. Il existe en revanche des extensions et des scripts Turnabout pour Internet Explorer et Greasemonkey pour Firefox ou Flock qui reconnaissent les Microformats. Une liste des scripts se trouve sur la page dédiée du wiki des Microformats. J’utilise personnellement Tails qui fonctionne aussi bien sous Firefox que sous Flock.

visualisation des microformats contenus dans une page

Si je veux utiliser les Microformats, je dois taper tout ce code à la main ?

Non, évidemment, sauf si vous y tenez vraiment. Il existe plusieurs outils permettant de générer des Microformats, comme le hCalendar creator. De plus, de très nombreux outils de publication proposent la publication des Microformats en standard, ou sous forme de greffons. La liste des greffons et outils de publication se trouve sur la page du microformat associé.

Comment sont créés les Microformats ?

Lu but premier étant de ne surtout pas réinventer la roue, les Microformats reposent dans la mesure du possible sur des protocoles de formatage de données préexistants, ouverts et standardisés. Le microformat associé devient alors une transposition à l’identique du protocole en question, mais embarqué dans du XHTML ou du XML. À titre d’exemple, le microformat hCard repose sur le format de cartes de visites vCard, et le microformat hCalendar repose sur iCalendar. Mais ce ne sont pas les seuls.

Qui crée les Microformats ?

Les microformats sont créés par la communauté des utilisateurs, principalement par le biais du Wiki et de la liste de diffusion Microformats Discuss. Lorsqu’un problème se présente, et qu’un microformat permet de le régler, un format est proposé, discuté, puis publié. Le processus de création est expliqué sur le wiki.

Qui possède les Microformats ?

Personne, ou plutôt tout le monde. Les Microformats sont des formats de données ouverts, reposant sur des standard ouverts, afin d’éviter tout problème d’appropriation. Ils appartiennent donc à la communauté. Le contenu du wiki est placé sous licence Créative Commons. Les Microformats ont été lancés par des membres de la société Technorati, afin de résoudre des problèmes rencontrés dans leur développement. Cependant, les Microformats ne peuvent pas prendre s’ils ne sont pas mis dans le domaine public.

Qui utilise les Microformats ?

Actuellement, le plus gros producteur de microformats est Yahoo!, mais ils ne sont pas les seuls. Une liste non exhaustive des implémentations est disponible sur le wiki des Microformats, et on y retrouve des noms comme Google ou Macromedia.

Y a-t-il une garantie de la pérennité des Microformats ?

Les Microformats reposent sur des standards ouverts largement utilisés et acceptés – le HTML, le XHTML ou le XML – et sont eux-même des formats ouverts faisant partie du domaine public. La démarche de conception est la résolution de problèmes simples et ciblée de la manière la plus simple possible. Ces trois points nous laissent espérer une certaine pérennité, à la condition que les Microformats prennent véritablement dans le grand public. La valeur ajoutée qu’ils apportent aux contenus diffusés sur le web quels qu’ils soient me laissent bon espoir de ce coté là.

Quels sont les problèmes résolus par les Microformats ?

Il en existe de très nombreux, comme le montre cette liste exhaustive. On pourra particulièrement noter :

Comment inclure ma carte de visite dans ma page web ? hcard.
Comment extraire des événements pour les ajouter à mon calendrier ? hCalendar.
Comment exprimer de quoi parle un contenu (texte, image, vidéo), et retrouver tous les contenus parlant de la même chose ? rel-tag.
Comment exprimer des liens sociaux entre les sites sur lesquels pointent mes liens hypertexte et moi ? XFN.

Qu’est-ce que ça m’apporte de publier des Microformats ?

Ajouter des Microformats à une publication internet permet de lui donner une importante valeur ajoutée. Certes les outils les prenant en compte sont pour l’instant marginaux, cependant, quand on voit le chemin parcouru en à peine un an, on ne peut qu’être optimiste sur l’avenir. Le bénéfice n’est donc pas immédiat, mais il pourrait devenir important dans les mois et les années à venir. On peut le voir comme un investissement sur l’avenir. Ce qui m’inspire cette private joke sur le sujet :

– Les Microformats c’est quoi ?

– Sailfutur.

Suite à une mauvaise manipulation en supprimant le spam dans mes commentaires, je viens – bêtement – d’effacer tout les commentaires de ces six derniers jours. Si quelqu’un avait tout ça en cache, ça m’intéresse, bien que je n’y crois pas vraiment.

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