J’ai eu la chance d’être invité par Microsoft à la soirée Do You See The Light, à laquelle était présentée la version française de Microsoft Expression 3. Une occasion pour moi de découvrir leur suite logicielle dédiée au développement web, et à travers elle, de comprendre le positionnement du Grand Satan (sic) quant au web et aux standards.

Avant de donner mon avis sur ce qui a été présenté, comprenez bien une chose : je déteste les environnements de développement intégré. C’est probablement du au fait que je ne suis pas un véritable développeur, mais, même sur un projet de grande envergure, je préfère travailler avec un éditeur de texte et ma connaissance du code, que de développer à l’auto complétion, pour reprendre les mots de ma collègue Samantha à propos de Visual Studio. Tout ça pour dire que cette note n’est pas (trop) entachée d’anti Microsoftisme primaire.

Impressions générales

Comme je l’ai dit plus haut, Microsoft Expression est un IDE, c’est donc mal parti pour lui. Côté interface, j’ai eu l’impression de me retrouver face à Adobe Lightroom. Étant photographe à mes heures perdues, j’apprécie beaucoup Lightroom, même si je ne suis que moyennement satisfait – voir peu satisfait – de son interface. L’interface d’Expression m’a vraiment donné une impression de repompé sans vraiment y trouver de valeur ajoutée. Dommage.

Expression web

Trois choses m’ont marqué quant à Expression Web.

La première est la possibilité de développer pour un navigateur en particulier, et notamment Internet Explorer 6. Expression Web prévient le développeur quand il utilise des balises, ou des attributs CSS incompatibles avec le navigateur cible. Cela peut sembler très bien sur le papier. En fait, ça a plutôt tendance à me faire hurler, et va totalement à l’encontre de mon crédo : développez pour un seul web.

La seconde est l’intégration des PSD. Microsoft s’attaque directement à Adobe et la mainmise de Photoshop sur le design. J’aurais envie de dire c’est très bien. Sauf que… Expression permet aux intégrateurs CSS de découper directement les images à partir du PSD source. En démo, c’est parfait, parce que chaque élément du design est composé d’un seul calque. Dans la réalité, je n’ai pas vraiment eu le loisir de le tester, et je ne sais pas comme il se comporte face à des éléments répartis sur plusieurs calques. Et inutile de m’envoyer le soft, je n’ai pas de licence Windows ni de PC sous la main pour tester.

La troisième est la preview sur les résultats de l’éditeur CSS. OK, je veux bien, mais honnêtement, à part donner le rendu des polices et du background, ça sert à quoi ? Le rendu d’une classe CSS ne vaut que dans son contexte d’utilisation. Sans la position et l’interaction avec les autres éléments HTML, un élément stylé n’est rien.

Wireframing

Expression propose des fonctionnalités de Wireframing avancées assez impressionnantes. Dommage que je ne me souvienne pas du nom de l’application utilisée, mais le rendu aussi bien graphique que fonctionnel du produit était trop proche de la réalité pour servir de document de travail. C’est au passage ce que nous a signalé le démonstrateur : ce risque pour le client d’y vois un produit fini.

J’avais eu le même problème en faisant du prototypage sous Powerpoint. Le fait de rendre les liens cliquables pour recréer le parcours utilisateur, et une interface proche du design validé par le client rendent la conception de l’outil beaucoup moins souples. Je ne suis pas du tout fan de ce genre de procédé, même s’il est très sexy côté client.

Blender

La seconde partie de la soirée était consacrée à une démonstration de Blender et de Silverlight. Le but était de démontrer qu’on peut créer des applications Silverlight sans connaître une ligne de code.

Là encore le point intéressant de la démo était l’intégration des PSD dans la suite Expression. Il était possible de définir des éléments d’interface Silverlight, et de leur attribuer des actions, à partir des calques du PSD. Là encore, l’effet démo est très important, et je ne suis pas du tout certain du résultat en situation réelle, c’est à dire, par exemple, quand un bouton est décomposé en une demi douzaine de calques. Appelez-moi Saint Thomas.

Au delà de cette intégration, il fallait retenir de la démonstration que Blender propose énormément de fonctionnalités out of the box. OK, mais quelle utilité dans une production réellement industrielle ?

Une fois passé l’effet WOW de la démo, difficile de se faire une opinion sur un produit aussi complexe. En tentant de rester objectif, j’aurais tendance à dire que la suite Expression aura du mal à trouver sa place dans des projets de grande envergure. Il me semble qu’il lui manque une partie de la puissance de Visual Studio, tout en perdant la souplesse de produits séparés, par exemple – au hasard – Textmate + Photoshop.

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