mobile web initiativeL’initiative WMI W3C organisait aujourd’hui un séminaire d’une demi journée consacré au web sur les appareils mobiles, PDA et téléphone portables. Au programme, état des lieux, bonnes pratiques de création de sites à destination de ces outils, problèmes à résoudre à perspectives.

Quelques chiffres sur le web mobile.

  • 28% des téléphones mobiles ont accès à Internet.
  • 10% d’entre eux l’utilisent vraiment régulièrement.
  • 41% des utilisateurs se déclarent insatisfaits par les sites à leur disposition.
  • 3,2 millions de personnes ont utilisé leur téléphone mobile ou leur PDA afin d’accéder au web lors du mois de juillet 2006.
  • Plus de 80% de la population mondiale est sous couverture GSM.
  • 2 milliards d’êtres humains disposent aujourd’hui d’un téléphone mobile, ce nombre aura doublé dans 4 ans.

Selon Bango, durant les 18 derniers mois :

  • Le nombre d’utilisateurs identifiables a été multiplié par 2,6.
  • La durée moyenne des visites sur le web a été multiplié par 1.38.
  • Le nombre d’utilisateurs redirigés d’un site web “normal” vers un site web pour mobile a été multiplié par 45.
  • Le nombre d’utilisateurs étant arrivé sur un site mobile par SMS a crû de 140%. Ceci est du au fait que les claviers des appareils existants se prêtent mal à la saisie d’une URL.
  • Le nombre de terminaux différents a décru de 58%.

De bonnes pratiques de développement sur mobiles.

  • Concevez vos sites pour une résolution de 120*120 pixels.
  • Limitez vos pages à 20ko, images comprises.
  • Utilisez de préférence des images au format .gif et .jpg.
  • Préférez un encodage en UTF-8.
  • Utilisez du XHTML basic.

Et retenez ces 10 principes de développement, qui résument les 60 points des “best practices” émises par le W3C :

  1. Faites vos sites pour un web unique (mobile et non mobile).
  2. Conformez-vous aux standards du web.
  3. Banissez les frames, les layouts basés sur les tables et les gifs transparents.
  4. Optimisez la navigation.
  5. Pensez aux utilisateurs en déplacement.
  6. Faites attention aux éléments graphiques et aux couleurs utilisées. Préférez un contraste important entre le fond et les couleurs.
  7. Faites de petites pages, utilisez de petites images.
  8. Aidez les input utilisateurs.
  9. Économisez la bande passante.
  10. Ne vous reposez pas sur le javascript et les cookies.

Notez que ces recommandations se basent sur les critères d’accessibilité du WAI. Cela ne garantit pas pour autant que les contenus produits sur les mobiles seront 100% accessibles aux déficients visuels ou aux aveugles.

Le navigateur mobile idéal

Michael Smith nous présente la vision d’un navigateur mobile idéal selon Opéra.

Un bon navigateur mobile devrait pouvoir :

  • Reformater un texte (même disposé sur plusieurs colonnes) en une seule afin d’éviter le scrolling horizontal.
  • Redimensionner une image à la taille de l’écran utilisé, pour les mêmes raisons qu’évoquées ci-dessous.
  • Proposer un mode “desktop”, c’est à afficher le site tel qu’il apparaîtrait sur un navigateur traditionnel.

Michael considère ces critères comme minimaux et souhaiterait aussi voir les navigateurs mobiles pouvoir :

  • Réduire, ou faire disparaître (expand / collapse) les longues listes de liens généralement utilisées pour la navigation, et qui empêchent un accès rapide au contenu.
  • Découper les grosses pages en pages de taille plus raisonnable (autour de 10ko) en suivant leur sémantique structurelle afin de s’adapter à la fois aux écrans et aux limitations de mémoire de ces outils.

Et là encore, il considère que c’est le minimum.

Je rejoins tout à fait la position de Mike. La très grande majorité des sites web n’offriront jamais de version dédiée aux mobiles. L’adaptation des contenus doit donc se faire coté navigateurs quand la feuille de style “handhelds” n’est pas disponible. En supprimant la feuille de style normale et appliquant une découpe aux pages trop longues, on obtient des sites utilisables.

Et Michael d’en rajouter une couche à propos du navigateur idéal qu’il verrait bien :

  • Avoir une API de scripting permettant de détecter et utiliser les fonctionnalités des appareils (comme le GPS).
  • Ce qui permettrait de créer des applications web pour les services géo localisés.

Problèmes à résoudre

  • Il existe plus de 200 outils mobiles différents.
  • Certains utilisent du XHTML 1.1, d’autres du XHTML basique, d’autres du xHTML…
  • Aucun n’a le même support de CSS que le voisin.
  • Certains supportent le javascript et les cookies, d’autres non.

Aujourd’hui, la solution utilisée est de formater la page en fonction du device utilisé : menu déroulant ou cases à cocher ? Puis d’envoyer des pages générées dans le bon langage. Autant dire que seuls les plus gros peuvent se l’offrir, et le contenu créé par les utilisateurs est fort peu disponible sur le web mobile.

On voit pourtant apparaître des outils de blogging, de partage de photos… les réseaux sociaux sont très actifs dans la téléphonie mobile, et on les comprends. Quoi de plus communiquant qu’un téléphone ou un PDA ?

Perspectives

Le web mobile est probablement l’avenir des pays en voie de développement, principalement pour les services comme :

  • Les services gouvernementaux.
  • L’éducation.
  • La santé.
  • La banque.
  • Les affaires.

Quelques chiffres :

  • Inde : taux de pénétration des PC : 2%, stable, contre 11% pour les téléphones mobiles, avec une croissance de 47% par an.
  • Chine : taux de pénétration des PC : 8%, contre 30% pour les téléphones mobiles.
  • Maroc : 4 lignes fixes pour 100 habitants (chiffre inchangé depuis 1995), contre 24 téléphones mobiles.

L’utilisation des SMS pour accéder à tous ces services explose dans les pays en développement.

Conclusion

Les présentations des intervenants sont accesibles sur le site du séminaire.

La pente est forte, mais la route est longue, alors au travail !

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