Les 12 travauxDans ce billet, le lecteur verra que le plus court chemin pour se rendre d’un point A à un point B a toujours été la ligne droite, dès lors que les deux points se trouvent exactement l’un en face de l’autre, ou comment une API un tant soit peu bien pensée résoudrait les problèmes de bien des utilisateurs.

Dans le cadre de mon travail, je dois consulter toutes les semaines les sites Internet répertoriant les appels d’offre passés par les collectivités locales et les établissements publics. Rien que pour la recherche des annonces, je dois généralement consulter cinq types de ressources, chacune offrant un degré de précision plus ou moins élevé.

  • Le BOAMP, ou Bulletin Officiel d’Attribution des Marchés Publics, lié au Journal Officiel.
  • Le JOUE, ou Journal Officiel de l’Union Européenne, pour les marchés nécessitant une diffusion européenne.
  • Le site du département – ou plus rarement – de la région concernée.
  • Le site de la ville concernée dans le cas d’un appel d’offre relevant de la municipalité.
  • Le site de l’organisme émetteur de l’appel d’offre.

Bien que l’étude du seul BOAMP suffise généralement à déterminer si l’on est apte ou non à répondre à un appel d’offre, il est parfois utile de consulter le site des organismes émetteurs qui contiennent souvent une foule de petits renseignements utiles. Cela représente déjà une certaine perte de temps, mais le pire reste à venir.

Les Dossiers de Consultation (ou DC) ne sont pas disponibles sur le BOAMP, et se les procurer relève d’un parcours du combattant semblable à celui que doit livrer Asterix dans la maison qui rend fou. Il existe en effet un nombre incroyable de manières de se les procurer, charge au candidat de trouver laquelle :

  • Par email, avec plusieurs scénarios possibles, dont :
    • L’envoi des documents au format électronique par retour de d’email.
    • Le rappel du candidat afin de pouvoir lui envoyer les documents au format papier par recommandé avec accusé de réception.
  • Par courrier, avec ou sans le chèque de 20€ pour couvrir les frais de traitement.
  • Sut le site de l’organisme émetteur, cachés dans un coffre dont la clé a été jetée au fond d’un puit, et nécessitant généralement une inscription en plusieurs étapes.
    • Inscription sur le site (très complète, généralement deux pages de renseignements à fournir).
    • Attente d’un mail qui ne vient pas, voir d’un rappel de l’organisme émetteur pour confirmer l’inscription.
    • Confirmation de l’inscription.
  • Sur le site de la ville dont dépend l’organisme émetteur de l’appel d’offre. Là aussi, inscription obligatoire.
  • Sur le site du département dont dépend l’organisme émetteur. Là aussi prévoir le même genre de procédure d’inscription simplement pour consulter le Règlement de Consultation.
  • Sur le site de la région dont dépend l’organisme émetteur. La procédure d’inscription reste évidemment de rigueur.
  • Sur le site des marchés publics du gouvernement. Ce site est une telle horreur à utiliser qu’il mérite un article à lui tout seul.

Évidemment, aucun site ne ressemble à celui du voisin, les pages concernant les marchés publics sont parfois difficiles à trouver, et une inscription par site est nécessaire. La plupart d’entre eux ont été développés en dépit du bon sens – particulièrement les espaces de téléchargement – et certains ne sont accessibles qu’avec Internet Explorer, ce qui pose problème si on utilise un système d’exploitation n’en disposant pas. Mais le plus gros problème réside ailleurs : si l’on considère que la France compte 95 départements, 22 régions, 36000 communes, et plusieurs centaines de milliers d’organismes habilités à émettre des appels d’offre, cela signifie qu’il me faut m’inscrire au bas mot sur plusieurs centaines de sites, là où une API un tant soit peu intelligemment pensée rendrait la vie de l’utilisateur bien plus facile et ferait économiser énormément d’argent au contribuable. Il faudrait cependant pour cela que les gens acceptent de réfléchir ensemble afin de rendre leurs applications interopérables, ce qui est loin d’être gagné. Quant à moi, j’ai du ouvrir un compte delicious pour gérer tout ça.

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