J’avais pris l’habitude de venir à Paris chaque année début février pour la Linux Expo, devenu depuis le salon Solutions Linux, bien que je continue inconsciemment à l’appeler ainsi. Bien qu’un peu anarchiques, les premières éditions étaient très intéressantes : s’y pressaient tout un tas de petites entreprises proposant des produits innovants, plus souvent représentés par des techniciens au fait de leur produit que par des commerciaux. Alcôve, VA Linux et IBM y tenaient des stands gigantesques, et les t-shirts étaient distribués sans compter au point de continuer à m’habiller avec le reliquat de l’édition 1998. Puis les choses se sont structurées, et les commerciaux ont commencé à remplacer les spécialistes ; les discours appris par cœur ont remplacé les explications à la fois claires et pointues, et l’on a même vu Microsoft s’attribuer le plus grand stand du salon. Sans l’espace associatif toujours plus important, et des manifestations comme le défilé contre les brevets logiciels – j’y portais un superbe t-shirt jaune canari « halte au logiciel fou élevé au logiciel propriétaire ; seul le logiciel libre garantit une parfaite traçabillité des sources » - l’événement aurait sans doutes perdu tout son intérêt.

Après le 11 septembre et la faillite consécutive de nombreuses entreprises, le salon est devenu une coquille vide, au point que j’ai commencé à le boycotter. Je ne voyais pas tellement pourquoi j’aurais eu à me déplacer jusqu’à la défense pour obtenir moins d’informations que sur Internet, avec l’assurance de ne plus trouver que des t-shirts payants. J’y suis finalement retourné cette année avec l’assurance que j’y croiserais au moins des gens que je ne côtoie d’habitude que virtuellement.

Première visite à la Linux Expo en tant que professionnel, et première chasse à la carte de visite, prendre un maximum de contacts en un minimum de temps, de toute manière, les choses ont changé, et les projets ne naissent plus sur un coin de table entre une bouteille de rouge et un saucisson (véridique). Ça fait longtemps que les petits produits ne sont plus représentés, au profit des grosses sociétés qui peuvent s’offrir un stand sur le salon. Alcôve est revenu, mais sans son lustre d’antan, et IdealX a pris sa place. Rien de fondamentalement intéressant en dehors de potentiels partenariats commerciaux qui seront noués sans moi. En revanche, l’espace associatif a encore grandi, au point de pouvoir accueillir le Jardin Magique, ce qui est une très bonne nouvelle. Et pour la première fois depuis 1998, je rentre sans un seul t-shirt neuf.

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