Non, vous n'êtes pas marié avec votre boulot !

Si un de vos collègues était tout seul au bureau un dimanche, le rejoindriez-vous pour travailler avec lui ? Cette question, qui fait partie du processus de recrutement de Stripe, une des startups les plus en vue de la Silicon Valley cache une réalité qu’on ne vous apprend pas quand vous entrez dans une startup : à moins d’en être un des fondateurs, et encore, vous n’êtes pas marié avec votre boite !

Je me rappelle très bien de ma première année chez blueKiwi. Quand un message était publié sur le blueKiwi interne, la réponse arrivait pratiquement dans la minute jusqu’à deux ou trois heures du matin. Cela avait un effet pervers, une émulation qui nous poussait à rester éveillés, sans forcément être efficaces, jusqu’à des heures pas possibles, simplement pour pouvoir répondre si le besoin s’en faisant ressentir.

Rejoindre dans une startup relève d’un marathon, sprinté de bout en bout. Il faut énormément de foi dans la société, parce que l’on travaille énormément pour quelque chose qui a 80% de chances d’échouer. Ça n’a rien à voir avec le travail en agence où l’on doit parfois finir tard pour boucler une reco, ou avec la SSII où il faut terminer un projet coté avec les pieds dans les temps vendus au client. L’investissement personnel dans une startup amène à travailler le soir, tard, en rentrant chez soi, le week-end, pour avancer sur un sujet, pour en améliorer un autre avant la prochaine démo…

Si vous arrivez tôt et travaillez tard parce que vos collègues font la même chose, vous vous trompez dans les grandes largeurs. Si vous attendez que votre manager quitte le bureau pour rentrer chez vous, vous faites une connerie. Et si vous travaillez le week-end parce que vous culpabilisez de ne pas voir votre nom dans les messages de commit du dimanche après-midi, vous passez à côté de quelque chose.

Cette attitude est inutile ; elle est même dangereuse pour celui qui l’a et pour l’équipe, car elle est usante avant l’heure. On ne peut pas tenir un marathon si on épuise toutes ses forces dans les trois premiers kilomètres. Ce n’est pas de l’implication personnelle, c’est du fayotage et de l’hypocrisie.

On s’investit dans sa startup par passion, pas par devoir.

Il y a plus important encore.

Une startup n’a pas besoin d’ouvriers qui alignent les tâches à la chaine à une cadence infernale. Si j’ai besoin de robots, je peux coder ou scripter quelque chose. Une startup a besoin de gens capables de faire plusieurs choses à la fois, plutôt bien, et avec une certaine prise de recul. Cela nécessite de savoir prendre du recul par rapport au boulot, cela nécessite aussi de s’intéresser à autre chose.

Et cela commence avant tout par avoir conscience qu’on n’est pas maqué avec le boulot.

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