There's no I in team, but there's a why in victory

Aux États-Unis, les capitaux risqueurs investissent de plus en plus dans les équipes que les entrepreneurs ont su former et conserver au moins un an, et de moins en moins sur les produits ou les visions.

Ce n’est pas un hasard. La souplesse du marché du travail aux États-Unis facilite grandement la mobilité. Afin de recruter les meilleurs éléments, les startups doivent proposer des packages vraiment alléchants, le salaire n’étant qu’un composant parmi d’autres, et conserver ses meilleurs développeurs plus d’un an est devenu un véritable défi.

Sans être aussi extrême, la situation en Europe commence à y ressembler, et ce n’est pas pour rien que l’audit des équipes a pris une place de plus en plus importante dans les levées de fonds, les rachats s’accompagnant de mesures destinées à faire rester les éléments clés le temps d’effectuer une véritable transition.

L’importance de l’équipe est la première chose que j’ai comprise en arrivant chez blueKiwi (coucou), mais aussi quand nous avons voulu lancer e-live.

Les américains, encore eux, ont une maxime qui me plait beaucoup :

There’s no “I” in “team”, but there’s a “Y” in “victory”.

Le jeu de mots sur la prononciation anglaise des lettres I et Y se traduit en:

Il n’y a pas de “je” dans une équipe, mais il y a un “pourquoi” dans chaque victoire.

Quand je travaillais en SSII, les ressources allaient et venaient sur le projet avec un turnover plus ou moins important. La courbe d’apprentissage était plus ou moins longue, mais l’importance des équipes faisait en sorte que le départ d’un était compensé par le savoir des autres.

Tout le monde travaillait sur des parties définies du projet, et il était très rare qu’un même item fasse intervenir plusieurs personnes. Les équipes étaient des notions fonctionnelles, hiérarchiques, artificielles. Nous ne travaillions pas ensemble, nous travaillions les uns avec les autres.

Un tel fonctionnement n’est pas imaginable dans une startup : l’équipe est son asset le plus fondamental, aussi bien dans chaque département qu’au niveau de l’enterprise.

C’est aussi celui qui est le plus difficile à constituer. On peut facilement externaliser son équipe de développement, au moins un moment. On peut facilement recruter des mercenaires. Monter une véritable équipe demande 90% de chance et 10% de travail, ces derniers 10% représentant au moins un an, 12 heures par jour, 5 ou 6 jours sur 7.

Parce que les équipes sont très réduites, la pression importante, et la quantité de travail énorme, les personnes qui rejoignent une start up ont généralement un caractère bien trempé. Les startups cherchent des ninja, des gourous, des jedi, appelez les comme vous voulez, des personnes d’une efficacité redoutable quand elles travaillent seules. Les startups qui réussissent sont celles qui parviennent à les faire travailler ensemble.

Le tennis est un sport individuel, mais regardez jouer les frères Bryan, la meilleure équipe de double du circuit : ils ont développé des automatisme qui décuplent leur efficacité, parce que les deux ne font qu’un. À force de travailler avec certains de mes collègues dans des situations souvent très tendues, dans lesquelles il faut aller vite, j’ai développé certains automatismes, au point que lorsqu’un de nous commence une phrase, l’autre puisse pratiquement la terminer. Cela nous permet de faire (très) vite, bien, et de résoudre les situations critiques rapidement quand elles se présentent, mais cela demande un certain apprentissage.

Une véritable équipe travaillera mieux, supportera mieux les coups de stress, et se remettra plus vite en cas de coups dur. Comme dans toute équipe sportive, l’absence des stars se fait immédiatement remarquer ; c’est la raison pour laquelle il est fondamental de l’étoffer, afin que l’absence de l’un ne pénalise pas tous les autres.

Je regarde peu de sport à la télé – en dehors du tennis – mais je trouve les matchs de hand ball passionnants. Une équipe de hand fonctionne comme une startup : ça va très vite, il y a souvent des coups durs et des renversements de situation, et personne sur le terrain n’est plus important que les autres. Un 7 moyen mais dans lequel tous les joueurs vont dans la même direction aura plus de chances de gagner qu’une attaque en béton accompagnée d’une défense aux fraises et d’un gardien qui pense déjà à la retraite.

Une startup doit fonctionner de la même manière.

Je terminerai enfin sur la nécessaire complémentarité de l’équipe des co-fondateurs, et j’aurais presque du commencer par là tant c’est le B.A BA. Une startup montée uniquement par des commerciaux ou uniquement par des techniciens se trouvera très rapidement limitée. Loin des exemples débiles que l’on croise trop souvent sur le Web, les deux univers doivent comprendre qu’ils ont besoin les uns des autres, et qu’ils doivent avancer en équipe pour s’en sortir.

No I in team

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: