Un lance missile USB

La culture d’entreprise fait partie des choses qui font rêver dès que l’on parle de startups. Les images d’Epinal qui viennent immédiatement à l’esprit sont le campus Google, les bureaux de Facebook, et les batailles à coups de lance missile USB.

C’est vrai et faux à la fois. Ces éléments les plus connus sont la partie émergée d’un ensemble de pratiques ancrées dans l’entreprise, et qui évoluent peu à peu au fur et à mesure des départs et des arrivées de chacun.

La culture d’entreprise d’une startup doit venir du fondateur. Tous les fondateurs n’ont pas le charisme du capitaine Kirk, mais il est important qu’il donne le ton, aussi bien que la direction. Je me rappelle il y a quelques années Carlos Diaz, fondateur de blueKiwi Software (mon employeur) nous expliquer l’importance d’aller tous dans la même direction si l’on voulait avancer. Une culture d’entreprise ne se construit pas si les uns décident d’aller vers la droite, et les autres vers la gauche.

La culture d’entreprise doit faire partie de l’ADN de l’entreprise, et cela implique que tous les employés l’adoptent. Dans le cas contraire, la sauce ne prendra pas, et on ne pourra pas vraiment parler de culture d’entreprise.

C’est le paradoxe de la culture d’une startup : elle est construite par la base sous l’impulsion du haut. Si la base n’accroche pas, ça ne marche pas.

Elle est fondamentale. À l’intérieur, elle assure la cohésion sur le long terme, et dans les coups durs. À l’extérieur, elle est l’image que vous renvoyez, celle qui attirera les nouvelles recrues, ou, au contraire, les fera fuir.

La culture d’entreprise doit être créée dès le début, quand le nombre d’employés est encore limité. Attendez d’avoir des centaines d’employés, ou même plusieurs dizaines pour commencer à mettre quelque chose en place, et il sera trop tard.

Dans les grands groupes, la culture d’entreprise est créée par les départements de la communication sous l’impulsion du management, et imposée aux employés avant tout pour façonner l’image de la société. Il n’est pas possible de laisser plusieurs milliers de personnes vivant et travaillant dans des pays différents créer la culture de l’entreprise. Dans un grand groupe, la culture d’entreprise est donc forcément décorellée de la réalité.

Ça ne doit pas être le cas dans une startup.

Ne cherchez pas à reproduire ce que vous avez fait par le passé ! Ce qui a pu marcher dans votre précédente entreprise ne marchera pas forcément dans la nouvelle : vous faites des choses différentes, avec des équipes différentes, et la sensibilité générale ne sera pas la même. Inutile, donc, d’imposer un paintball tous les vendredi à 17 heures si l’équipe ne s’y retrouve pas. Cela marchera une fois, deux fois, certainement pas beaucoup plus.

Dernier point, mais non des moindres, la culture d’entreprise, ne se limite pas à l’apéro du vendredi, au super campus et aux locaux repeints à la bombe. C’est sympa, mais c’est loin d’être l’essentiel. La culture d’entreprise d’une startup, c’est avant tout les éléments du travailler ensemble.

Cela se construit autour de pratiques mises en place pour améliorer le travail. Ça peut être le stand up quotidien, les démos de fin de sprint (et la pizza party qui s’ensuit)… ou l’interdiction de déranger ses collègues le jeudi après-midi pendant qu’ils travaillent.

Toutes ces pratiques prennent généralement du temps à se mettre en place, au début, parce qu’elles ne sont pas forcément naturelles dans notre manière de travailler. Les premier stand up sont horribles pour qui n’a pas l’habitude de parler en public. Laisser ses collègues travailler sans venir leur demander quoi que ce soit demande de la discipline, au début. Puis, avec la pratique, les choses deviennent naturelles, et cela fonctionne comme une mécanique bien huilée.

À condition de ne pas les abandonner.

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: