Un bon conseil pour nommer sa startup

Si Tarzan s’était appelé René, aurait-il eu du succès ? Aurait-on immortalisé le célèbre cri de René ? Marcel Et Son Orchestre – Un Prénom Pour La Vie.

Suite à sa première levée de fonds en juin 2007, blueKiwi Software a commencé à faire partie des startups en vue dans l’écosystème tech parisien. La mode de l’époque était aux wikis et autres documents collaboratifs. Résultat, la majorité des gens autour de moi appelaient la société “Blue Wiki” et pensaient qu’il s’agissait d’un wiki d’entreprise, d’autant qu’on parlait également pas mal de Xwiki. Ce n’était pas bien grave mais cela peut montrer combien un nom peut parfois porter à confusion.

En 2009, j’ai assisté à un atelier sur le choix du nom de son entreprise. J’y avais pris quelques notes que j’ai compilées et actualisées. Certains conseils peuvent paraitre évidents, mais si l’intervenant avait pris la peine de les donner, c’est qu’ils ne devaient pas l’être pour tout le monde.

1. Choisir un nom court, facile à mémoriser et prononçable

Même si c’est franchement classe, personne n’aurait aujourd’hui l’idée d’appeler sa startup Manufacture des Armes et Cycles de Saint Étienne, Manufrance de son petit nom. C’est beaucoup trop long, et personne ne s’en souviendra jamais et n’arrivera à le prononcer correctement, surtout dans un contexte international.

Je préfère largement les noms de services en un seul mot, même s’ils sont la contraction de deux autres, aux mini phrases sensées dire quelque chose : le risque d’erreur pour la mémorisation est moindre.

De même, même si vous êtes polonais, appeler votre société Janowicz n’est pas forcément une bonne idée pour vous développer en hors de vos frontières. La prononciation n’en est pas aisée pour tout le monde, deviner comment l’est encore moins.

2. Il y a des modes pour les noms de sociétés…

Si vous jetez un oeil aux 15 dernière années, vous verrez une certaine mode dans la manière d’appeler les sociétés.

La fin des années 90 a connu la mode du pseudo latin / grec ancien, avec la Toyota Avensis, la Renault Vel Satis, Rhone Poulenc devenu Aventis… On a également eu droit à la mode des “R”, avec Flickr, Dopplr, ou Bullshitr, la mode des “ous” avec Delicious, et Scriptaculous.

Exemple typique, Twitter s’est d’abord appelé Stat.us puis Twittr, avant de gagner un “e” et de prendre le nom que nous lui connaissons aujourd’hui.

Se conformer à la tendance du moment n’est pas forcément une mauvaise idée, mais cela “date” une startup encore mieux qu’une analyse au carbone 14.

3. … et pour les noms de domaine

La pénurie relative des .com a obligé les startups à se tourner vers d’autres TLD, ou à ruser un peu.

Là encore, il existe des modes qui permettent de dater la création de l’entreprise : les domaines en .us, .ly, .io, .am, .co sont très représentatives de certaines années. Se renseigner sur le pays qui gère le TLD n’est pas une mauvaise idée. Bit.ly s’est fait quelques frayeurs quand la Lybie a décidé que son nom de domaine pourrait être suspendu pour avoir raccourci des liens anti Kadhafi.

L’explosion des apps a poussé quelques startups à utiliser le suffixe “app”, ou le préfixe “get” : Alfred a pour nom de domaine alfredapp.com, et Pocket utilise getpocket.com.

Enfin, choisir son nom en fonction du TLD n’est pas forcément une bonne idée, parce que cette pratique n’est pas entrée dans les moeurs : delicio.us a finalement racheté delicious.com qui parle à un plus grand nombre, ceci même si les gens normaux n’utilisent plus les URLs depuis bien longtemps.

4. O D I L, mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire ?

Même les entreprises travaillant dans le “local” ne peuvent connaitre à l’avance la langue d’origine de leurs futurs clients.

Se renseigner sur la signification du nom dans les autres langues de la planète est crucial, encore plus pour se lancer à l’international. L’orateur de l’atelier nous avait fortement conseillé de choisir un nom qui ne signifiait absolument rien quelle que soit la langue, afin d’éviter les gaffes. À ce titre, deux exemples marrants me viennent à l’esprit :

Le premier n’est pas tout jeune, et m’a été rappelé hier par Guillaume de Nucheze. Il s’agit d’une société de paiement sécurisé par Internet nommée Escrow. Même avec un sens de l’humour particulièrement développé, difficile de leur faire confiance pour un francophone.

Le second a provoqué mon grand fou rire du week-end et me vient de Vincent Knobil. Il s’agit d’Eat Your Box, une startup française qui propose de recevoir chaque mois un colis composé de 6 à 8 produits d’épicerie fine. Très bien me direz-vous, sauf qu’en argot américain, eat your box signifie “mange ta chatte”. Un grand point classe pour une boite qui met en avant le raffinement à la française.

Et voilà, c’est tout pour aujourd’hui. J’ai passé sous silence tous les aspects légaux liés au choix du nom d’une société, je n’avais pas vraiment écouté cette partie là, et ça aurait forcément été incomplet. Dernier conseil et non des moindres puisqu’il vient de Pam : quitte à choisir un nom qui signifie quelque chose, mieux vaut aussi consulter l’Urban Dictionary.

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