Le temps est votre pire ennemi

Ce qui manque le plus à une startup, ce n’est pas l’argent, c’est le temps : le temps pour finir son produit avant la date prévue, le temps pour signer cette dernière vente histoire de boucler son quart, le temps pour recruter une équipe de top guns alors qu’on a 15000 choses à faire…

Évidemment, tout est une question d’argent. Le temps n’a pas la même valeur quand on a de l’argent et quand on n’en a pas. Avoir assez d’argent permet de s’octroyer la semaine qui manque pour vraiment finaliser son produit.. Avoir assez d’argent permet de déléguer une partie du recrutement de son nouveau développeur à un cabinet spécialisé – neuf femmes ne font pas un bébé en un mois – sans sacrifier autre chose. Avoir assez d’argent facilite un nombre de choses, et en rend d’autres beaucoup plus compliquées. La vie ne devient pas un open bar, mais cela rend l’avenir un peu plus confortable.

Il faut avoir travaillé dans une startup pendant plusieurs années pour comprendre à quel point grignoter la moindre journée, la moindre heure de travail peut être vital. Il faut avoir travaillé dans une startup et ailleurs pour comprendre combien le temps de travail est une notion toute relative.

Quand vous travaillez avec un grand compte, les délais s’expriment souvent en mois, voire en année, et le nombre d’interlocuteurs atteint facilement la dizaine pour une seule opération. Quand vous travaillez avec une société de taille moyenne, on compte généralement en jours, ou en semaines. Quand on travaille dans une startup, le temps se contracte au niveau de l’heure, et on est souvent seul face à la tâche à accomplir. Chaque seconde est critique.

Ces dernières années, je me suis rendu compte de l’importance du temps à tous les niveaux de la vie d’une startup.

Dans le cycle de vie du produit, d’abord, et notamment dans le choix du “bon moment” pour le sortir. Il y a trois moments pour sortir son produit : quand il est prêt, quand on a atteint une certaine deadline, et quand on n’a plus d’argent.

Décider de sortir quand on prêt est dangereux : notre insatisfaction naturelle est telle qu’on risque de ne jamais rien sortir ; il faut accepter de faire des concessions à son produit idéal. Décider de sortir à une date prévue à l’avance est également risqué : je ne connais pas un projet informatique qui soit sorti à l’heure sans arbitrages fonctionnels préalables. Sortir parce qu’on n’a plus d’argent, c’est déjà être mort. Je consacrerai un article entier à ce sujet, probablement la semaine prochaine.

Le temps joue également un rôle critique dans la mise en place et l’application de son business plan.

Un business model n’est pas quelque chose de figé. Il doit évoluer quasi quotidiennement à l’aune de metrics solides (trafic, évolution du taux de conversion). Il est important de lui donner du temps avant d’en changer, les choses ne peuvent pas marcher parfaitement du premier coup. Sinon, c’est un coup de bol ou de l’application de quelque chose que l’on a déjà validé ailleurs.

Un modèle de vente ne se valide pas en trois semaines. Il faut se donner le temps de le mettre en place, le tester et l’ajuster avant de le mettre de côté et passer à autre chose. Si votre cycle de vente est long, il faut lui donner encore plus de temps avant de changer de modèle afin de réellement l’éprouver.

La vie d’une startup est une continuelle succession de tests. Vouloir changer de direction au premier échec est une erreur : ce n’est pas parce que quelque chose ne marche pas du premier coup que cela signifie que ce n’est pas la bonne direction.

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: