Vouloir opposer Facebook et Ping, le réseau social d’Apple est particulièrement stupide. Si dans Apple n’a rien compris aux réseaux sociaux, je considérais que le nouveau bébé d’Apple était complètement à côté de la plaque, c’est que Ping n’est pas un réseau social au sens “Facebookien” du terme. Mon article n’est pas stupide, au contraire : Ping ne sera jamais un réseau social grand public, parce qu’il n’a pas vocation à l’être. Deux éléments sont venus étayer ma réflexion.

Le premier vient de Blue Beetle sur Metafilter, qui fait remarquer avec justesse à propos de la V4 de Digg que la différence entre un client et un utilisateur, c’est que le client vous donne son numéro de carte bleue. En prenant le problème à l’envers, si les utilisateurs de Facebook ne payent rien pour utiliser le service, c’est qu’ils n’en sont pas les client. Et pour cause, sur Facebook, vous n’êtes pas client, vous êtes une marchandise.

Toute la problématique vient donc de ce que vous acceptez de vendre : plus vous fournissez d’informations à Facebook, et plus les profils fournis par Facebook à ses annonceurs sont qualifiés. De là, la volontaire complexité de l’interface de gestion des droits d’accès à vos informations, et l’extrême granularité de l’interface de définition des cibles disponibles dans les profils annonceurs.

Le second réflexion vient de Bertrand Duperrin, qui me faisait gentiment remarquer que j’étais à côté de la plaque. Si Apple n’a rien compris aux réseaux sociaux, c’est que Ping n’est pas un réseau social. Ping est “juste” une plate-forme de social shopping. Étudié dans cette optique, la nouvelle plate-forme en fait, selon l’habitude d’Apple, le minimum, c’est à dire juste ce qu’il faut pour être d’une parfaite efficacité. Deux remarques pour étayer mon propos :

  • Aujourd’hui, l’iTunes Store est plus intégré dans Ping que Ping l’est dans l’iTunes Store. Cependant, tout semble prêt pour une fusion des deux plates-formes.
  • L’habitude de l’achat sur recommandation va rendre naturelle l’intégration de Ping dans le processus d’achat musical. En cela Apple peut remercier les plates-formes d’e-commerce, Amazon en tête, qui ont fait rentrer la recommandation dans les usages d’achat en ligne, mais également le rôle de plus en plus important de Facebook pour lisser la différence entre nos habitudes online et offline. La musique de mes amis est ma musique.

Un troisième élément vient renforcer la dimension social shopping présente et à venir d’iTunes : la possibilité de partager sa musique avec les membres de son réseau local. Il ne s’agit pas seulement d’une manière de lutte contre le piratage, mais également un important moyen de découverte musicale qui n’est pas à négliger, et très facilement soluble dans le Store.

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