L’insertion d’un élément au sein d’une entreprise dès les études – et notamment à l’occasion des divers stages qui jalonnent son parcours est un investissement des plus avisés. La future recrue est intégrée au groupe existant et formée aux méthodes de l’entreprise avant sa véritable arrivée dans la vie active. Cela permet non seulement de se rendre compte rapidement du véritable potentiel du candidat, mais aussi de créer une “période d’essai à rallonge” quand un ou trois mois peuvent ne pas suffire à évaluer quelqu’un, particulièrement sur des projets à long termes.

Durant l’année passée, j’ai eu l’occasion de côtoyer ou de gérer des stagiaires à bac +2, bac +3 et bac +5, tous se dirigeant vers un bac +5, et de dégager une tendance intéressante : la motivation à apprendre du stagiaire est inversement proportionnelle à son avancée dans son parcours estudiantin. En grossissant un peu peu le trait, ce que j’ai pu voir donne globalement :

  • À bac +2, ils sont motivés, peuvent passer 3 jours à résoudre un problème complexe, ont une énorme soif d’apprendre, de se former et de se remettre en question.
  • À bac +3, après un premier stage, ils ont tendance à croire qu’ils connaissent tout de la vie en entreprise, et sont moins à l’écoute. Je les ai sentis globalement moins en attente que ceux de la génération précédente.
  • À bac +5, ils abattent du boulot, un peu plus que la moyenne dans l’espoir d’être embauchés rapidement, mais ils ne cherchent plus ni à apprendre, ni à se remettre en question, ni à progresser. Ils attendent un “vrai salaire”.

Se remettre en question quotidiennement, aussi bien sur le plan technologique que méthodologique est fondamental si on veut pouvoir avancer au delà de ce qu’on a appris à l’école, et qui est le plus souvent décorrélé d’un projet en grandeur réelle, et c’est dommage que ce réflexe se perdre à mesure que les années d’étude passent. Je crois de plus en plus en l’accompagnement des futurs collaborateurs d’une entreprise tôt dans le cycle d’études, charge à l’entreprise de proposer des conditions suffisamment attrayantes au stagiaire afin de le garder sur le long terme. Cela nécessiterait probablement de revoir un peu la fiscalité des entreprises de notre beau pays afin de permettre de payer un stagiaire plus de 320 euros par mois sans se prendre tout un tas de charges sur le coin de la figure, par exemple en augmentant le plafond en fonction du nombre d’années d’études, tout en mettant en place des contrôles plus poussés afin d’éviter les abus.

En tout cas, si vous avez déjà encadré des stagiaires à ces trois niveaux d’études, ça m’intéresserait de connaître votre ressenti sur leur ratio soif d’apprendre / années d’études.

la gare de surgeres au lever du jour

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