Apple a annoncé aujourd’hui la sortie de la bêta de Safari 4, son navigateur basé sur le moteur de rendu Webkit, une occasion pour la marque à la pomme de refondre en profondeur un outil vieillissant, tout en avançant dans le support des standards du web, puisque Safari 4 est aujourd’hui le seul navigateur web à passer le test ACID 3 à 100%. Une version majeure qui, en se basant sur Nitro, le nouveau moteur Javascript de Webkit.
Sitôt l’annonce passée, je n’ai pas pu m’empêcher de me jeter sur la page de téléchargements, et, après quelques soucis d’installation, j’ai pu découvrir avec bonheur la merveille conçue dans le secret de Cupertino. En un mot comme en cent, le meilleur navigateur jamais conçu, pour la meilleure expérience de navigation jamais imaginée, le tout accompagné d’une expérience utilisateur hors norme, rien que ça. La suite en images.

Installation

Premier point noir, l’installation. Celle de Safari 4 est tout sauf évidente si vous ne disposez pas d’un système totalement à jour. Une liste des erreurs que vous risquez de rencontrer si, comme moi, vous êtes par prudence toujours en retard d’une version sur les mises à jour Apple, et dont la solution n’est pas évidente à première vue.

Message d'erreur Leopard à l'installation de Safari 4

  • Si vous êtes sous Mac OS X 10.5.5, l’installateur vous dira que Safari requiert Mac OS X 10.5.4 ou supérieur. Il vous faut en fait passer en 10.5.6 pour qu’il accepte de s’installer. Premier reboot.
  • Si vous obtenez une erreur ER_SEC, il vous faudra installer la mise à jour de sécurité 2009-01. Second reboot

Une fois l’installation de Safari 4 terminée, vous pourrez enfin avoir le droit de… rebooter, pour la troisième fois dans mon cas.

Premier contact

Au premier lancement, Safari 4 vous proposera une très jolie vidéo d’accueil comme Apple sait si bien les faire. Si vous êtes développeur web, la chose n’est pas à prendre à la légère : Safari 4 supporte nativement les composants média d’HTML 5, dont la fameuse balise <vidéo />.

Cliquez n’importe où, et vous aurez enfin accès à votre navigateur, et aux fameux “Top Sites”, qui existaient déjà nativement sur Opéra. Voilà votre navigateur soudain transformé en console de pilotage de l’USS Enterprise.

La console Top Sites

Top Sites sur Safari 4

La console Top Sites est la page par défaut à l’ouverture d’un nouvel onglet ou d’une nouvelle fenêtre. Elle rassemble les 12 sites les plus visités en mémoire dans votre historique. En fonction de la taille des aperçus, ce nombre pourra passer de 6 à 24.

Le mode configuration vous permet d’ordonner les miniatures selon votre choix, et d’en fixer certaines indépendamment de l’évolution de votre historique. Bien pratique, la possibilité de supprimer tel ou tel site m’a permis de retirer /b/ de mes sites les plus visités, et ainsi de garder un semblant de sérieux et de dignité.

Configuration des Top Sites

En bas à droite de l’écran, une barre de saisie vous permet d’effectuer des recherches dans l’historique, l’affichage passant alors en mode coverflow.

Recherch dans l'historique depuis les Top Sites

Une interface graphique plus cohérente

L’interface graphique a été revue de manière intéressante. Les onglets, notamment, sont passés au dessus de la barre de saisie d’URL et non en dessous. Si cela peut poser des problèmes d’accoutumance les 10 premières minutes, c’est en fait bien plus cohérent à bien des égards, et je me dis que tous les navigateurs auraient du faire de même depuis l’introduction des onglets.

Les onglets selon Safari 4

Safari contextualise en effet depuis la version 2 les recherches à l’onglet en cours. Si c’est particulièrement énervant quand on a l’habitude des autres navigateurs, cela s’avère finalement pratique à l’usage. Le fait d’englober la barre de recherche et la barre d’URL dans les onglets prend alors tout son sens.

Il vous est au passage possible de recharger tous les onglets de la session précédente après un crash, ou d’ajouter un bloc tous les onglets ouverts à vos favoris.

Une saisie d’URL améliorée

Suivant en cela la mode lancée par Chrome, la saisie d’URL a été très largement améliorée, et il est nettement plus facile de savoir où l’on va.

Les URL sont séparées en trois sous menus :

  • Top hits
  • Historique
  • Bookmarks

Saisie d'URL dans Safari 4

C’est extrêmement clair, et on s’y retrouve merveilleusement facilement (j’ai le superlatif facile ce soir).

Gestion des bookmarks et de l’historique en coverflow

Safari permet enfin nativement la gestion de votre historique et de vos bookmarks en mode coverflow. Il n’est donc plus nécessaire de passer par des hacks pour obtenir cette fonctionnalité bien pratique quand on a une mémoire visuelle. Pouvoir parcourir ses favoris à partir de leur capture d’écran est une meilleure habitude que de se souvenir d’une URL. La recherche dans l’historique vient à point en complément, permettant de se passer de ces dernières de manière très efficace.

Un point noir cependant, la navigation au clavier dans les favoris manque d’intuitivité quand on passe le focus de l’historique aux bookmarks. Il faut passer dans la frame coverflow soit au clavier, à coups de 2 tabulations, soit à la souris.

De grosses améliorations sur l’accessibilité

Apple a fait de gros efforts côté accessibilité, et ce point est à saluer. La navigation au clavier a encore été améliorée, et, en dehors du point relevé plus haut, est très intuitive. Le support des standards ARIA est impressionnant, tout comme la grande nouveauté : le full page zoom, qui vient s’associer au zoom sur le texte.

Et le développeur web dans tout ça ?

Le développeur web n’a pas été laissé de coté, bien au contraire, et il dispose maintenant en standard d’un impressionnant arsenal d’outils, qu’il lui faudra activer dans l’onglet “avancé” des settings.

Ces fonctionnalités, présentes depuis longtemps sur les nightly builds de Webkit, feront l’objet d’un article à part : développer pour le web avec Safari, mais citons en vrac :

  • L’inspecteur de document, et ses fonctionnalités d’édition et de rendu en temps réel comparables à celles de Firebug.
  • Le debugger Javascript Hooooooooo !!!.
  • Le profiler javascript Haaaaaaaaa !!!.
  • La possibilité de désactiver le style, les cookies ou le Javascript.

Vous l’aurez compris, malgré ses quelques défauts ici et là je suis définitivement fan de cette nouvelle mouture de Safari, et les efforts apportés par Apple à son navigateur sont vraiment notables. La rapidité de la bête est époustouflante, particulièrement sur les pages chargées en Javascript (une page Netvibes bien chargée fait un excellent benchmark). Les nouveautés sont impressionnantes, et je vous laisse lire la page des features d’Apple pour les lister toutes, leur parcours exhaustif n’étant pas mon propos.

Je ne crois pas être trop présomptueux en disant que Safari 4 réinvente véritablement la navigation web, laissant les autres navigateurs loin derrière lui, et ce malgré la toujours très pénalisante absence de réelles extensions.

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