La pause écriture

Nous devrions tous écrire au moins 750 mots par jour.

Peu importent leur publication ou leur destruction immédiate, le support – ordinateur, feuille volante ou Moleskine – le fond, la forme – poésie, réflexion, autobiographie, fiction… Le plus important est d’écrire, et de le faire tous les jours.

Pourquoi 750 mots ? Parce que cela fait environ 3 pages d’écriture, et que pour la plupart des gens, cela représente environ 30 à 45 minutes de travail, beaucoup moins quand l’habitude est prise.

Le goût de l’écriture m’a pris juste après celui de la lecture. Je n’ai jamais pratiquement jamais rien publié en dehors de le confidentialité de ces colonnes parce que je n’aime ni me relire, ni reprendre quelque chose sur lequel je suis déjà passé, au grand dam de mon “éditrice” qui aimerait bien me voir accoucher de quelque chose.

La plupart des gens trouvent le temps d’entretenir leur corps. Ils n’ont aucun mal à intégrer une routine sportive à leur emploi du temps, mais quand il s’agit d’entretenir son esprit, les mauvaises bonnes raisons fusent : manque de temps, d’inspiration, de talent… Les choses seraient sans doutes différentes si on pouvait exhiber la musculature de ses lobes frontaux sur la plage.

Avec les années, j’ai fini par mettre en place une routine d’écriture quotidienne. Certains jours, elle est plus facile à tenir que d’autre, mais ma capacité à m’y tenir est un indicateur quasi infaillible de ma fatigue du moment : si je reste devant une page blanche sans pouvoir écrire le premier mot, il est probable que j’ai un peu tiré sur la corde.

Mettre en place une routine d’écriture apporte de nombreux bénéfices.

Elle permet de mettre ses idées en ordre. Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent d’autant plus aisément qu’on a pris l’habitude de les mettre en forme. Passer de la réflexion à l’écrit permet de passer de l’idée au concret. Se frotter au concret oblige à modeler sa réflexion en conséquence.

Elle entraine le cerveau comme on entraine ses muscles, et celui-ci devient plus réactif et plus souple. Écrire quotidiennement fait travailler son imagination, permet de s’ouvrir à des perspectives que l’on n’avait jamais abordées auparavant.

Elle permet d’apprendre à monter une argumentation sans pour autant se risquer dans un débat contradictoire dans lequel on risque de se faire écraser par la force de persuasion de l’autre.

Cathartique, elle permet dans bien des cas de se libérer de souffrance ou de frustration beaucoup plus efficacement que – au hasard – l’alcool, la drogue, ou un abonnement au PSG.

Enfin, prendre l’habitude d’écrire peut dans bien des cas être un facteur différenciant pour décrocher un boulot.

Mettre en place une routine d’écriture n’est pas vraiment compliqué. Il faut juste parvenir à dégager du temps pour le faire, exactement comme pour aller à la piscine ou la musculation avant l’été.

Tout le monde a un moment et des conditions privilégiées pour écrire. Certains sont du matin, d’autres du soir. Certains ont besoin de s’installer à leur bureau dans un silence monacal, une tasse de thé à portée de la main, d’autres au contraire sont mieux dans leur canapé, avec du Man O War en musique de fond.

Ces dernière années, j’ai du adapter ma routine d’écriture à mon emploi du temps. J’écris principalement dans le RER, le matin ou le soir, indifféremment. Paradoxalement, les transports en commun me permettent de réduire les risques de context switching comparé au bureau ou à la maison.

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