Twitter logoJe n’ai jamais vu personne aborder le sujet du principe de réciprocité sur Twitter et les réseaux de micro blogging, au point de douter sérieusement que quelqu’un se soit posé la question de son existence. Elle est pourtant, je crois, fondamentale, si l’on veut déterminer quelle est la nature de Twitter, entre service social, et outil de communication top down.

Le principe de réciprocité dans les outils sociaux exige que, pour m’ajouter de manière effective à votre réseau, vous deviez attendre que je vous ajoute au mien en réponse, et vice versa. Autrement dit, vous ne pouvez pas être mon ami si je ne suis pas le vôtre. Cette clause sine qua non du lien social a d’ailleurs été supprimée de certains réseaux sociaux, ces derniers se transformant alors en simples annuaires en liste blanche, dans lesquels je peux piocher à discrétion la composition de mon nouveau carnet d’adresse.

Twitter répond-t-il à l’un ou à l’autre de ces comportements ? Aux deux, en fait, et c’est un des aspects qui le rend intéressant au moins sur le papier.

Twitter est un outil de communication top down, car il vous permet d’ajouter n’importe qui à votre réseau, et donc de suivre ses mises à jour, sans aucune garantie de retour. C’est intéressant, car cela assure une meilleure diffusion de l’information, pour peu que le rapport signal / bruit soit assez élevé, tout en évitant certaines formes de spam. Au pire verrai-je les réponses directes à mes twits de mes suiveurs, mais sans qu’ils puissent pour autant violer me tranquillité à grands coups de messages directs.

Mais Twitter est également un outil social en permettant de forcer le principe de réciprocité. La protection des mises à jour, au delà de l’absence de mes propos sur les outils de recherche me permet de filtrer à priori l’ensemble des personnes y ayant droit. Le service limite à mes proches la visibilité de l’ensemble de mon réseau, me protégeant contre une éventuelle tentative de cartographie relationnelle. Cela n’a rien d’anodin, bien que l’enjeu principal de la chose ne se trouve pas là. Le fait de ne pouvoir afficher les réponses – messages commençant par @votrepseudo – envoyées uniquement aux gens également dans mon réseau assure la cohérence des conversations, et transforme Twitter en un vulgaire canal IRC. Un canal IRC géant, athématique, en ayant tous les inconvénients sans aucun des avantages, bref, un salon entre intimes comme il en existait déjà des milliers.

C’est d’ailleurs en partie l’usage qu’en fait mon amie Stephanie Booth, usage qui me semble suffisamment intéressant pour être mentionné. Stephanie utilise Twitter comme une sorte de liste rouge téléphonique. Son compte public permet à ses contacts pairs dans le milieu du web de la contacter sans qu’elle n’ait besoin de leur communiquer son numéro de téléphone.

C’est qu’il est bien ici question d’usages. Et grâce à quelques options bien pensées, Twitter réussit à changer totalement de nature en fonction de l’usage qu’on en fait. En n’optant pas pour la réciprocité systématique, j’ai pour ma part choisi d’en faire un outil de veille informationnelle, malgré un rapport signal / bruit d’une faiblesse rare, enrichie par les possibilités conversationnelles de du service.

Et vous, c’est quoi votre usage de Twitter ?

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