Que l’on soit pour ou contre, difficile de ne pas réagir à ce sondage sur l’opportunité de lancer un nouveau concept d’espace de travail communautaire au féminin relayé hier sur Twitter par Pamela Poole. D’abord parce que les espaces de coworking sont une réponse très intéressante à la problématique de réorganisation du travail posée par la croissance du nombre d’indépendants, notamment dans le Web, lisez à ce sujet l’expérience de Stephanie Booth sur la mise en place de l’Espace Coworking Lausanne. Ensuite parce que la visibilité des femmes dans le monde du Web et des nouvelles technologies, traditionnellement considérés comme très masculins, a particulièrement augmenté ces derniers temps. Oriane Garcia ne fait plus figure d’extraterrestre et c’est tant mieux. Comme dirait le chef des Mama Aiuto, un homme sur deux est une femme !.

Ma première réaction a été de me dire FBI, fausse bonne idée, de pointer le côté évidemment discriminatoire de la chose. Pire encore, si je voulais lancer un espace de travail réservé aux hommes, histoire de pouvoir péter, roter, boire des bières et nous gratter les couilles sans attirer les regards outrés de nos colocatrices, je m’attirerais certainement une levée de boucliers de tous les mouvements féministes alentours, suivis par les politiques de tous bords trop heureux de pouvoir pointer du doigts cette violation évidente de l’Égalité Républicaine, gravée dans la pierre sur le fronton de nos mairies. Le politiquement correct étant ce qu’il est, je doute en revanche qu’un espace 100% féminin ne provoque le même tollé, à moins que…

Car le sujet est politiquement très casse gueule – tout comme cet article d’ailleurs – et c’est là la motivation plus réfléchie de mon opposition à cette idée. À l’heure ou des demandes sont régulièrement faites pour réserver des créneaux horaires dans les piscines aux seules femmes, généralement pour des motivations religieuses, et où les réponses plus ou moins nauséabondes apportées au débat sur l’identité nationale, montrent qu’il y a un problème quelque part, que ce soit dans notre modèle d’intégration ou dans notre perception d’autrui, j’ai bien peur que ce genre d’initiatives ne contribue à renforcer les tensions, dans un sens comme dans un autre, et que nous finissions tous par en pâtir.

Il y a une dizaine d’années, j’ai eu l’occasion de vivre, et de travailler, pour des périodes allant de 3 jours à 3 semaines, dans un milieu à 90% féminin. Faisant mes études dans une école d’informatique dans laquelle chaque promotion comprenait moins d’une demi douzaines de filles, cette expérience a été pour moi l’occasion d’adapter ma manière de penser et d’agir, et m’a au final, bien plus appris que si j’étais resté dans un univers 100% masculin. Je l’ai également constaté dans les sociétés dans lesquelles j’ai travaillé : passer d’un monde composé quasi exclusivement de mâles à une entreprise mixte change beaucoup de choses dans notre manière de travailler et de nous comporter. Ce sera mon dernier argument : hommes et femmes ont énormément à s’apporter en collaborant ensemble. Au moins pour cela il serait dommage de les séparer.

Perry the Platypus wants you to subscribe now! Even if you don't visit my site on a regular basis, you can get the latest posts delivered to you for free via Email: