Si les recommandations sur les réseaux sociaux professionnels vont prendre de l’importance au fur et à mesure de leur démocratisation, leur valeur restera sujette à caution tant que les utilisateurs de ces outils ne comprendront pas quel degré d’implication elles engagent. J’avais ce soir une intéressante conversation avec Eric Rice à propos de l’importance de prendre du temps pour les rédiger, mais également de les demander, particulièrement dans le contexte actuel.

Les recommandations ont une double utilité qu’il convient de recadrer dans le contexte d’une recherche d’emploi, particulièrement dans le monde finalement assez fermé des technologies de l’information.

Il y a d’abord la facette les amis de mes amis sont mes amis, qui va bien au delà des liens de rang n entre contacts sur les réseaux sociaux professionnels. Si la recommandation signifie j’ai travaillé avec cette personne, c’est un collègue / un partenaire de confiance, vous pouvez collaborer avec lui, elle signifie également vous et moi faisons partie d’un même cercle professionnel restreint centré autour d’untel. Ce dernier point, dans des cercles professionnels plus ou moins restreint, fait presque figure de parrainage et peut permettre d’ouvrir les mêmes portes qu’une mention dans l’annuaire des alumni de certains écoles.

Il y a ensuite la facette cette personne dispose de telle et telle qualité dans son travail, peu ou pas discernable lors d’un entretien d’embauche. Cette seule facette vaut la peine de travailler les recommandations au delà de l’impersonnel collaborateur très compétent à l’esprit d’initiative décliné à toutes les sauces.

J’ai pourtant tendance à soupçonner de nombreuses recommandations comme étant entachées de complaisance. Particulièrement lorsqu’elles ont été écrites par des gens qui n’ont pas travaillé avec vous, mais ont accepté votre demande de recommandation. Si les heureux bénéficiaires s’en sortent bien, les recommandants, eux, ne se rendent souvent pas compte de ce que leur acte engage leur crédibilité auprès de leurs futurs employeurs, collègues ou partenaires. Feriez-vous confiance à quelqu’un qui louerait les capacités techniques d’une personne notoirement incompétente ? Je crois que l’abus de recommandations de complaisance autour de moi est une des raisons qui me poussent à ne pas en distribuer beaucoup, y compris à des personnes de confiance, dont le mérite et les compétences ne font aucun doute.

Éric sépare les gens à qui il distribue ses recommandations en deux catégories distinctes :

  • Les personnes avec lesquelles il a effectivement travaillé, d’une manière ou d’une autre.
  • Les personnes avec lesquelles il n’a pas travaillé, mais dont il a suivi la carrière pour telle ou telle raison.

Évidemment, tout ceci ne vaut que dans un milieu qui connaît l’importance et la pertinence des outils sociaux professionnels, et sait en tirer profit, ce qui n’est pas du tout la même chose et me rappelle une conversation que j’ai eue l’autre jour avec Bertrand Duperrin à propos de l’appropriation du web social par la fameuse génération Y dont on fait tout un flan depuis deux ans. Il semble que cette frange de la population ait la connaissance et la maîtrise technologique de ces outils – réseaux sociaux d’entreprise, blogs, moteurs de recherche – mais qu’elle soit incapable de les mettre à profit et de capitaliser sur ces connaissances une fois arrivée sur le marché du travail. Cela m’amène à me poser la question de la valeur ajoutée – réelle cette fois – de ces services dans le cadre professionnel, entre réputation surfaite du premier et besoin de mutation du second pour s’y adapter, mais également de l’adéquation de la formation reçue par cette génération face à l’arrivée d’outils nouveaux.

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