Hé Bob, j'ai coupé le mauvais pied, c'est quoi ton plan B ?

Le plus court chemin entre deux points est toujours la ligne droite, si et seulement si les deux points sont parfaitement alignés.

Ce week-end, c’était mise en production. Un petit pas pour le soft, mais des traitements portants sur des centaines de millions d’enregistrements, et une fenêtre de tir extrêmement réduite, application B2B oblige.

Jeudi matin, après une batterie de tests portant sur des volumes six fois moindres que ceux que nous avions à traiter, le couperet tombe : si le rapport entre le temps passé et la quantité de données est linéaire, il nous faudra plus de 30 heures pour migrer.

– C’est la merde… tu as un plan B ?
– Oui, en cours de test.
– Et un plan C ?
– Non mais dans le quartier, on devrait facilement trouver un plan Q.

Quatre heures plus tard, nous avons la confirmation que le plan B nous permettra de migrer dans les temps, et devrait même nous offrir une heure d’un rab’.

Imaginez que vous deviez traverser un pays, au hasard, l’Australie, en un temps limité. Ce pays est parcouru de bout en bout par une gigantesque route, toute droite. À première vue, la solution la plus simple consiste à affréter une voiture, la charger de bidons d’essence – il n’y a aucune station le long de la route route – et à se lancer à deux en se relayant au volant, car il n’y a pas non plus d’hôtel.

Ça, c’est le plan A. Le plan A est souvent (toujours) la manière la plus simple et la plus sûre de faire les choses : en misant sur la simplicité, on s’affranchit des problèmes que peuvent engendrer un système complexe.

En pratique, il y a pas mal de raisons de s’en faire. Que faire si le moteur casse en chemin et qu’il vous faille attendre une dépanneuse pour recommencer le trajet depuis le début ? Qu’arrivera-t-il si la route est coupée par les intempéries, ou rançonnée par des pirate ?

Dans les faits, la ligne droite n’est pas toujours le plus court chemin entre deux points, parce qu’elle implique une absence totale d’imprévus. Cette ligne droite, c’est le plan A.

Votre plan B est très différent.

Vous avez la possibilité de traverser le pays en zig-zag, par avion, mais au prix d’une demi douzaine d’escales, et d’un kilométrage forcément plus élevé. Il faut coordonner les vols afin de prendre votre correspondance au bon moment, en évitant les attentes au maximum, ce qui vous oblige à travailler avec plusieurs compagnies aériennes souvent concurrentes. Au final, pourtant, ce plan B s’avère le meilleur : l’avion est plus rapide que la voiture, cela compense le kilométrage. En cas d’orage ou de problème technique, pas besoin de recommencer depuis le départ, il suffit juste de recommencer l’étape. Pas la peine de s’encombrer de ressources, puisqu’on fait le plein à chaque aéroport.

Le problème du plan B, c’est qu’il est plus compliqué à élaborer, que le plan A, parce qu’il passe par toute une série d’étapes au lieu d’aller au plus simple. Il est également moins évident intellectuellement, parce qu’il exige d’étudier les problèmes sous tous les angles. Il demande un plus grand effort, mais offre en contrepartie une plus grande sécurité, des étapes plus courtes, donc aux aléas plus prévisibles,

Si chaque fois que vous vous lancez, vous élaborez un plan A, puis un plan B, vous vous rendrez très vite compte que c’est presque toujours le second que vous mettrez à exécution.

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