Ce site aidant, j’ai souvent des appels d’entrepreneurs, chefs de projets ou autres métiers en rapport avec le web qui m’appellent pour discuter de manière informelle. Ce qui revient à avoir droit à du conseil gratuit, comme si le fait de publier gratuitement des articles ici impliquait que je travaillais pour la gloire. Je fais fuir la quasi totalité d’entre avec un mot magique : “tarif”. Mais il arrive parfois que certains s’accrochent, et cela donne généralement lieu à des conversations intéressantes.

Je me suis ainsi retrouvé l’autre soir à prendre un verre avec deux entrepreneurs qui m’avaient été recommandés avec insistance par un ami. Ces derniers se préparaient à lancer un annuaire détaillé spécialisé, contenant plus de 5000 références à jour dans toute la France. Ils voulaient, disaient-ils, faire du communautaire, et souhaitaient le conseil d’un spécialiste qu’un de leurs amis leur avait chaudement recommandé (sic).

Une fois leur projet expliqué dans les détails, les choses ont assez mal démarré. Premier point bloquant, tous les avis sur les fiches étaient modérées à priori. Quand je leur parlai de l’importance d’une modération à posteriori pour l’adoption de leur plate-forme, leur réponse a été sans équivoque : c’est hors de question, vous comprenez, nous avons des sociétés qui payent pour figurer dans notre guide.

Quand je leur demandai où je pouvais consulter ledit site, là encore, la réponse m’a montré une parfaite méconnaissance du web : le site sera en ligne dès que nous aurons fini de rentrer le contenu. Nous avons une vingtaine de rédacteurs qui travaillent à plein temps pour finaliser les fiches. Soit. Un rapide laïus sur l’intérêt de faire rédiger les fiches au fil de l’eau d’une part, et de laisser le public venir lui-même soumettre de nouveaux établissements, quitte à reprendre le rédactionnel après s’est heurté à un double refus : obligation d’exhaustivité avant la sortie du site, et méfiance avérée envers leur public.

Après une petite heure de discussion, ils ont fini par me posr la question fatidique : alors, que pensez-vous de notre projet ?

Je les ai regardés quelques secondes, j’ai fait tourner ma cuillère dans ma tasse de thé, soupiré un bon coup, et leur ai dit :

Honnêtement ? Vous vous êtes trompés de média. Vous n’avez rien à faire sur le web. Ce que vous voulez faire, c’est publier un livre.

Nous nous sommes séparés là dessus – j’ai même payé mon thé – et j’ai reçu le soir même un coup de téléphone de l’ami en question :

Je ne sais pas ce que tu leur as fait, mais ils ont dit que je leur avais fait perdre leur temps, que tu étais nul à chier et que tu ne comprenais rien à rien.

Sic transit gloria mundi

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