J’avoue avoir été atterré quand Microsoft a annoncé hier matin que, suite à la décision de la commission Européenne, Internet Explorer ne serait pas livré en standard sur Windows 7, mais que chaque constructeur, assembleur et revendeur de PC serait libre de l’installer, lui, Firefox ou le navigateur de leur choix.

Atterré d’abord, par les cris de joie de certains zélotes décérébrés du logiciel libre, et autres anti Microsoft primaires qui ne voient dans cette annonce qu’une victoire de la cause sans regarder plus loin que le bout de leur nez, au point de ne pas voir le retour en arrière que cela implique pour les utilisateurs.
Pour rappel, le dernier système d’exploitation livré en standard sans navigateur fut Windows 95. Internet Explorer était livré à part dans le Service Pack, à l’époque un ensemble d’améliorations et non un patch correctif plus gros que l’installation originale. Outre Internet Explorer, on y trouvait un jeu de papiers peints, et l’Active Desktop de triste mémoire, qui permettait de donner à votre bureau le look and feel d’une page web. En 2009, fournir un OS sans navigateur revient à vendre une voiture sans moteur, et je ne doute pas que Microsoft saute sur l’occasion pour mettre en avant l’obscurantisme de l’Union Européenne. Ce serait certes facile, mais de bonne guerre.

Atterré ensuite par l’hypocrisie de l’annonce, mais aussi par le manque d’analyse des articles que j’ai pu lire ici et là sur la toile, qui se contentent de donner l’information, rappeler l’historique de l’affaire Microsoft contre la Commission Européenne.

Microsoft a annoncé que Windows 7 serait livré sans navigateur. Soit, mais rien ne l’empêche de l’installer par défaut lors de la première mise à jour, obligatoire, consécutive à l’installation. Je doute que les navigateurs concurrents aient droit au même traitement de faveur.

Les constructeurs, assembleurs et revendeurs de PC pourront fournir Firefox, ou un autre navigateur par défaut. Oui, mais à quel prix ? Difficile d’oublier les politiques tarifaires de Microsoft à l’égard des assembleurs qui auraient voulu vendre du PC/DOS ou de l’OS2 à côté de MS DOS dans les années 80.
Sans compter le peu de réalisme de la chose. On va retrouver du côté des assembleurs la même problématique, peut-être à une moindre échelle, que celle des constructeurs de voitures. L’installation de certaines options sur une voiture coûte cher, car elle nécessite de modifier les chaînes de production, pour un faible volume en sortie. Tant que la demande en Internet Explorer sera supérieure à celle de Firefox, il y a très peu de chances de voir ce dernier installé en standard sur les machines grand public.

En poussant l’analyse de comptoir un peu plus loin, on peut même trouver une certaine logique perverse, et un peu cynique, dans cette annonce. Microsoft va pouvoir se racheter une virginité en Europe à peu de frais. D’abord parce que la Commission Européenne pénalise les utilisateurs en les empêchant d’avoir un navigateur web sur leur machine. Ensuite parce que, si au final, rien ne change, Microsoft pourra se décharger sur les revendeurs de machine : ce n’est plus nous qui imposons Internet Explorer, ce sont les revendeurs de matériel. Chapeau bas ! Et vous, vous en pensez quoi ?

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